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Réunification allemande

La réunification allemande désigne les événements qui, d'octobre 1989 à octobre 1990, ont conduit à l'intégration de la République démocratique allemande dans la République fédérale d'Allemagne, laquelle était constituée alors par les Länder formant ce qui était appelé l'Allemagne de l'Ouest. En allemand, ces événements sont désignés par les mots Wiedervereinigung (« réunification ») ou, de façon plus neutre, Wende (« tournant »). Le terme figurant sur les textes officiels est Beitritt der DDR zum Geltungsbereich des Grundgesetzes der BRD (« Accession de la RDA à la zone de validité de la Loi fondamentale de la RFA »), loi mise en vigueur le 23 août 1990 par le parlement de la RDA. La réunification allemande fut effective le 3 octobre 1990.

Division de l'Allemagne

La division de l'Allemagne entraine en 1949, la création de deux états idéologiquement rivaux : la République fédérale d'Allemagne(ou « RFA »)1 et la République démocratique allemande (ou « RDA »). En 1961, le gouvernement de la RDA construit le Mur de Berlin destiné à empêcher la fuite des habitants de l'Allemagne de l'Est vers la RFA. Le Mur, symbole de la division de la nation allemande, restera une frontière étroitement surveillée et quasiment étanche jusqu'au mois de novembre 1989.

En 1989, malgré les difficultés économiques et sociales croissantes auxquelles doit faire face le régime de la RDA, la perspective d'une réunification des deux Allemagnes parait encore lointaine. Le 11 juin 1989, le futur chancelier fédéral Gerhard Schröder, déclare que les chances d'une réunification sont inexistantes alors que le secrétaire général du comité central du SED (parti communiste est-allemand), Erich Honecker, promet que le mur de Berlin durera encore 100 ans2. Pourtant, depuis le 2 mai, la frontièreentre la Hongrie et l'Autriche est ouverte et de nombreux Allemands de l'Est utilisent cette possibilité pour rejoindre la République fédérale.
Le mécontentement populaire est-allemand grandit et le 4 septembre environ 1 200 personnes défilent à Leipzig pour réclamer des réformes et notamment la liberté de circulation vers l'Ouest. C'est le début des « manifestations du lundi » (Montagsdemonstrationen) qui auront lieu dans plusieurs villes jusqu'en mars 1990. Mikhaïl Gorbatchev avait déjà indiqué le 6 juillet que l'Union soviétique n'interviendrait pas pour réprimer les mouvements qui agitent la RDA. Un tournant est atteint le 9 octobre 1989 avec la première véritable manifestation de masse qui réunit environ 70 000 personnes toujours à Leipzig. Peut-être pour ne pas prendre la responsabilité d'un bain de sang, les responsables locaux ordonnent aux différentes forces de sécurité (StasiVolkspolizei et NVA) de ne pas interrompre le défilé. Egon Krenz déclarera plus tard avoir personnellement donné cet ordre. Dès lors, le nombre des manifestants ne cessera d'augmenter les deux lundis suivants pour atteindre respectivement 120 000 personnes le 16 octobre et 320 000 le 23.
Cependant, le 18 octobre 1989, peu après les célébrations du 40e anniversaire de la RDA, Honecker est contraint à démissionner par lePolitbüro qui nomme Krenz pour lui succéder. Cette démission ne suffira cependant pas à calmer les manifestants dont les revendications de réforme du système politique ont pris entretemps un tour de plus en plus nationaliste et incluent entre autres la réunification avec la République fédérale. Finalement, le Conseil des ministres de la RDA démissionne à son tour le 8 novembre 1989, suivi le lendemain par le Politbüro. Lire la suite