La bataille de Poson (en grec : Μάχη τοῦ Πόσωνος) opposa en 863 les forces de l'Empire byzantin à une armée d'invasion arabe en Paphlagonie. L'armée byzantine était dirigée par Petronas Mamikonian, l'oncle de l'empereur Michel III bien que les Arabes mentionnent la présence de Michel lors de la bataille. L'armée arabe était dirigée par l'émir de Mélitène Omar al-Aqta.
Omar réussit à briser la résistance initiale des Byzantins à son invasion avant d'atteindre les rivages de la mer Noire. Toutefois, les Byzantins mobilisèrent leurs forces et les Arabes furent encerclés près de la rivière Lalakaon. La bataille qui s'ensuivit voit la victoire complète des Byzantins et la mort de l'émir sur le champ de bataille. Les Byzantins lancèrent ensuite une contre-offensive victorieuse contre l'émirat. Ces victoires furent décisives car elles éliminèrent la principale menace aux frontières byzantines. Elles marquèrent le début d'une période où les Byzantins parvinrent à reprendre l'initiative à leurs frontières orientales. Cette ère culmina au Xe siècle, l'âge des grandes conquêtes de Nicéphore Phocas notamment.
Cette victoire permit aussi à Byzance de se délivrer de la pression constante que font peser les Arabes sur ses frontières orientales. Cela autorisa l'empire à se consacrer aux questions européennes. Ainsi, les Bulgares acceptèrent sous la pression d'adopter le christianisme ce qui les firent entrer dans la sphère culturelle byzantine.
A la suite des rapides conquêtes musulmanes du VIIe siècle, l'Empire byzantin se trouva réduit à l'Asie Mineure, aux côtes sud des Balkans et à certaines régions italiennes. Byzance restait l'adversaire majeure du califat et les raids arabes en Asie Mineure se prolongèrent tout au long des VIIIe et IXe siècles. Ces raids étaient souvent lancés sur une base annuelle et acquirent au fil du temps un caractère presque rituel2. Lors de cette période, les Byzantins restèrent généralement sur la défensive3. Ils souffrirent de graves défaites à l'image du pillage d'Amorium, la cité natale de la dynastie régnante en 8384. Avec le déclin du pouvoir califal à partir de 842 et l'apparition d'émirats autonomes aux frontières orientales de l'Empire byzantin, ce dernier retrouva peu à peu la faculté d'imposer sa propre puissance dans la région5.
Dans les années 850, l'émirat de Mélitène était la menace la plus importante pesant sur l'Empire byzantin, notamment sous le règne d'Omar Al-Aqta. L'émir de Tarse Ali Ibn Yahia faisait aussi peser une menace non négligeable sur les frontières byzantines aux côtés de l'émirat de Qaliqala (Théodosiopolis en grec) et des Pauliciens dirigés par Karbéas6,7. La situation géographique de l'émirat de Mélitène rendait celui-ci particulièrement menaçant pour Byzance car il se situait sur la partie occidentale de l'Anti-Taurus ce qui lui donnait un accès direct au plateau anatolien. L'année 860 constitua une annus horribilis pour Byzance qui fit face aux raids conjugués d'Omar et de Karbéas qui pénétrèrent profondément en Asie Mineure bientôt suivis par les raids d'Ali Ibn Yahia et par une attaque maritime en provenance de Syrie qui pilla la base navale d'Antalya. Lire la suite