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Première bataille d'El Alamein

Cet article décrit la première bataille d'El-Alamein, ou bataille d'Al Mata, épisode de la guerre du désert durant la Seconde Guerre mondiale.
Elle se déroule en juillet 1942.
La seconde bataille d'El Alamein oppose en octobre 1942, les forces de l'Afrika Korps commandées par Erwin Rommel et italiennes aux forces britanniques de Claude Auchinleck.
Le 20 juin, l'Afrika Korps atteint Tobrouk, qui capitule le lendemain. Rommel fait à cette occasion 35 000 prisonniers appartenant aux unités suivantes :
  • 2e division d'infanterie sud-africaine
  • 29e brigade hindoue
  • 201e brigade de la garde
  • 32e brigade blindée
Ainsi que la prise de :
  • 70 chars
  • 2 000 véhicules
  • 2 000 tonnes d'essence (prise d'une valeur incalculable pour l'Afrika Korps constamment en manque de carburant)
  • 5 000 tonnes de vivres (prise elle aussi essentielle dans le désert)
  • une grande quantité de munitions
L'attaque de Tobrouk a été menée par le général italien Enea Navarrini à la tête des divisions germano-italiennes :
Soit un total de 30 000 hommes dont 20 000 Italiens.
L'attaque est lancée à l'aube et dès 9 h 40, le général Klopper, commandant la place, se rend avec sa garnison.
  • Rommel raconte :
« Vers 5 heures, le 21 juin, j'entrai dans la ville de Tobrouk. Elle offrait un spectacle lugubre. Presque toutes les habitations étaient rasées ou ne formaient plus qu'un monceau de gravats. La plupart des destructions remontaient au siège de l'année précédente. Par la via Balbia, je me dirigeai à l'ouest. Toute la 32e brigade blindée déposa les armes, et 30 chars en état de marche nous furent remis. Des deux côtés de la via Balbia, de nombreux véhicules continuaient à se consumer et, partout, ce n'étaient que des scènes de destruction. À 6 km à l'ouest de Tobrouk, je rencontrais ensuite le général Klopper qui m'annonça la capitulation de la forteresse de Tobrouk. Il n'avait pu enrayer la défaite. »
  • L'ordre du jour de victoire de Rommel est rédigé quant à lui de la manière suivante :
« Soldats ! La grande bataille de Marmarique a eu pour couronnement votre conquête de la forteresse de Tobrouk. Nous avons fait plus de 45 000 prisonniers et détruit ou capturé 1 000 véhicules blindés et environ 400 canons depuis le début de notre offensive du 26 mai. Au cours de l'âpre lutte des dernières semaines, votre vaillance et votre endurance nous ont alors permis de porter de terribles coups aux forces alliées. Grâce à vous, l'adversaire a perdu le noyau de son armée, qui s'apprêtait à passer à l'offensive, et, surtout, ses forces blindées ont été détruites. Au cours des prochains jours, je vous demanderai le grand effort final. »
Le soir même de la victoire Hitler téléphone à Rommel pour l'informer de sa promotion en tant que généralfeldmarshal de la Wehrmacht. Après ce combat, le général italien Cavallero et le maréchal allemand Kesselring, soutenus par Mussolini, demandent à Hitler le feu vert pour lancer l'opération C3 visant à la prise de Malte. Le corps de débarquement italien, basé en Sicile, attend l'ordre de départ, mais Rommel demande à Hitler d'avoir la priorité et de pouvoir marcher dès maintenant avec des renforts sur Alexandrie. Il semblerait que Rommel n'ait pas perçu l'importance que pouvait avoir Malte vis-à-vis des ravitaillements tant alliés qu'allemands. Rommel pour convaincre Hitler lui promet une marche rapide sur le Canal de Suez ainsi que sa prise. Hitler tranche en faveur de son tout nouveau maréchal et demande à Mussolini de repousser l'opération C3. Mussolini fera mieux en mettant le corps de débarquement à disposition de Rommel, qui a, il est vrai, bien besoin de renfort. Ce renfort c'est la division d'élite Folgore (une unité de parachutistes). Le quartier général italien est pour sa part consterné par cette décision.
  • Voici la lettre qu'Hitler adressa au Duce pour le convaincre :
« Le destin, Duce, nous offre une occasion unique qui ne se représentera plus dans le cadre de cette guerre. La 8e armée britannique est pour ainsi dire détruite, mais les installations portuaires de l'Égypte sont, elles, presque intactes. Si nous ne poursuivons pas tout de suite sans relâche les restes de la 8e armée, il risque de nous arriver ce qui est arrivé aux Anglais lorsqu'ils s'arrêtèrent en vue des portes de Tripoli pour envoyer des renforts en Grèce, en février 1941. Nous pouvons enfin, sous certaines conditions, arracher l'Égypte à l'Angleterre. Mon conseil est le suivant : ordonnez la poursuite des opérations jusqu'à l'anéantissement total des troupes britanniques. La chance au combat ne sourit qu'une fois aux condottieri : celui qui ne la saisit pas la perd pour toujours. »
Le 25 juin, le général Ritchie est remercié par l'armée britannique. Au Caire, les autorités britanniques commencent déjà à brûler les archives.
Le 29 juin, le 7e régiment de bersaglieri capture 6 000 Britanniques et prend la ville de Marsa-Matruh, qui est située à 150 km de Tobrouk. Mussolini, en apprenant cela, s'envole pour l'Afrique. Le commandement italien, et en particulier Batico, avertit Rommel de ne pas avancer trop vite, le ravitaillement ne pouvant être assuré sur de si longues distances sans être réorganisé, mais Rommel n'en tient pas compte et continue l'offensive. Cela est relativement téméraire étant donné l'état des divisions de l'Afrikakorps.
Les unités italiennes sont alors dans l'état suivant :
  • Division Ariete : elle ne compte plus qu'une quinzaine de chars, une quinzaine de pièces d'artillerie et 600 bersaglieri ;
  • Division Trieste : elle ne compte plus que 1 500 hommes et 4 chars ;
  • Division Littorio : 1 000 bersaglieri et une trentaine de chars ;
  • Division Brescia : elle ne compte plus que deux bataillons ;
  • Division Pavia : elle ne compte plus qu'un seul bataillon ;
  • Le reste des troupes, réuni au sein du groupe de soutien Navarrini, n'est guère en meilleur état.
Les unités allemandes (15 et 21e panzerdivision et 90e motorisée) ne comptent plus qu'une soixantaine de chars. Pourtant entre le 26 mai et le 3 juillet 1942 les germano-italiens ont capturé 60 000 britanniques ainsi que détruit ou pris plus de 2 000 blindés.
  • Churchill, en connaissant l'état des troupes allemandes est littéralement consterné des échecs britanniques :
« Nos forces étaient supérieures à celles de l'Axe. Nous avions plus de 100 000 hommes, eux moins de 90 000. Notre artillerie était plus forte dans une proportion de trois contre un, de même que pour les chars, et nous avions en ligne de nouveaux obusiers. Malgré cela, Tobrouk est tombé au bout d'une petite journée de combat. C'est un désastre. Nous nous sommes ensuite repliés jusqu'à Marsa-Matruh, mettant 190 km de désert entre notre 8e armée et les forces ennemies. À peine cinq jours plus tard, les Germano-italiens arrivaient devant notre nouvelle position, et il nous faut décrocher, pénétrer toujours plus en Égypte, reculer encore. El-Alamein devra être tenu jusqu'à la mort. » Lire la suite