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Histoire de Miami

Époque précolombienne

« Miami » vient d'un mot amérindien qui signifie « eau douce ». Une tribu de Floride s’appelait Mayaimi, à ne pas confondre avec la tribu des Miamis qui vivait dans l’actuel État de l’Ohio. À la fin du XIXe siècle, lorsque la ville fut construite, il fut un temps question de l’appeler « Flagler », du nom du magnat du chemin de fer Henry Morrison Flagler.
Les premières traces de peuplement datent d'il y a environ 10 000 ans1. Après la dernière ère glaciaire, la région de Miami est couverte de forêts dans lesquelles les Amérindiens peuvent chasser le cerf et le gibier à plumes. Les premiers habitants s’établissent principalement sur la rive nord de la Miami River. Ils forment des villages et fabriquent des armes et des outils à partir des coquillages2.
Les Amérindiens Tequesta sont les habitants de la région à l'époque de l'arrivée des Espagnols : ils contrôlaient les comtés actuels de Miami-Dade, de Broward et de Palm Beach. Ils pratiquent la chasse, la cueillette de fruits, de racines et de plantes, mais ne connaissent pas l'agriculture. Leurs rites funéraires sont particuliers : ils enterrent les petits os des défunts et gardent les plus grands dans leur village. Les archéologues estiment que les Tequesta sont à l'origine du Miami Circle, un site archéologique qui se trouve dans le centre-ville et composé d'un cercle parfait de 24 trous ou de bassins creusés dans la roche, qui serait vieux de 1700 à 2000 ans3. Son authenticité a été néanmoins remise en cause par certains spécialistes et de multiples théories circulent à son sujet4.

Premiers établissements espagnols


Ponce de Leon fut le premier Européen à voir la région de l'actuelle Miami.

Juan Ponce de León, un conquistador espagnol, est le premier Européen à avoir visité la Floride. Il découvre la baie de Biscayne en 1513 et écrit dans le journal de bord qu'il a atteint Chequescha : il s'agit du premier nom enregistré de Miami5. On ignore s'il a organisé une expédition à terre. Pedro Menéndez de Avilés et ses hommes sont généralement considérés comme les premiers Européens à accoster à Miami. Ils visitent un village des Tequesta en 1556 et sont à la recherche du fils de Menéndez qui avait fait naufrage un an plus tôt6. Leur arrivée a des conséquences sur la vie des Amérindiens : les maladies, parmi lesquelles la variole, et les guerres contre les autres tribus amérindiennes (notamment les Creeks) affectent les Tequesta, qui disparaissent totalement 250 ans plus tard7. Une mission jésuite est construite dès 1557 par des soldats espagnols menés par le père Francisco Villiareal, à l’embouchure de la Miami River, mais celle-ci fut rapidement abandonnée, tout comme le fort et l’église aménagés en 17438.

Autres colonisations (1750-1850)


Phare du Cap Floride, la plus ancienne construction de Miami, construit en 1825


Fort Dallas, construit en 1836

En 1766, Samuel Touchett reçoit du gouvernement britannique quelque 80 km2 de terres dans la région de l’actuelle Miami. Mais celui-ci se montre incapable de développer sa colonie en raison de difficultés financières9. Aussi, la première colonie de peuplement blanche est celle de Pedro Fornells, un survivant espagnol de la colonie de New Smyrna Beach. Il retourne finalement au bout de six mois avec sa famille à St. Augustine en laissant sur place un homme de confiance.
Au début des années 1800 des chercheurs de trésor arrivent des Bahamas et des Keys à la recherche d’épaves gisant dans le grand récif de Floride. Certains se fixent le long de la Miami River. C’est vers la même époque que les Séminoles s’installent, accompagnés d’esclaves noirs en fuite. En 1825, un phare est construit au cap Floride près de la Baie de Biscayne. Dans les années 1830, Richard Fitzpatrick acquiert une terre sur la Miami River et devient l’un des principaux notables blancs de la région. Il est à la tête d’une plantation prospère où des esclaves cultivent de la canne à sucre, des bananes, des fruits tropicaux et du maïs. Le Fort Dallas est érigé par l’armée américaine sur ses terres, sur la rive nord du cours d’eau.
La région est touchée par la Seconde Guerre séminole (1835-1842) et le Major américain William S. Harney y mène plusieurs attaques contre les Amérindiens. La population civile quitte la région et le conflit est le plus dévastateur de toutes les guerres indiennes : ainsi, le phare de Cap Floride est incendié par les Séminoles en 1836 et ne fut reconstruit qu’en 1846. À la fin du conflit, William English, le neveu de Fitzpatrick, fonde le Village of Miami sur la rive sud du fleuve. En 1844 Miami devient le chef-lieu du comté qui a 96 habitants selon le recensement de 185010. La Troisième Guerre séminole (1855-1858) est moins grave que la précédente, même si elle ralentit le peuplement du Sud de la Floride. Après le conflit, certains soldats décident de s’installer alors que quelques Séminoles restent dans la région des Everglades située au sud. Néanmoins, le secteur de Miami reste peu peuplé jusqu’à la fin du XIXe siècle. Les quelques familles présentes sont des paysans qui pratiquent une agriculture vivrière sur des terres concédées par le gouvernement américain. William Brickell, connu comme le « Père de Miami » (Father of Miami) arrive de Cleveland (Ohio) en 1871. Il achète des terres, ouvre un comptoir de commerce et une poste.

Essor de Miami (années 1890)

Miami commence vraiment son essor dans les dernières années du XIXe siècle sous l’impulsion de Julia Tuttle. Cette femme riche originaire de Cleveland (Ohio), achète une vaste plantation d’agrumes dans la région, puis s'y installe après le décès en 1886 de son époux Frederick Tuttle. Considérant que Miami a un important potentiel, celle que l'on surnomme aujourd'hui la « Mère de Miami » consacre le reste de sa vie au développement de la ville. Deux vagues de froid touchent le nord de la Floride en 1894 et 1895 et provoquent la destruction des agrumes. Toutes les récoltes sont anéanties sauf celles de Julia Tuttle car la région a été épargnée par le gel. Grâce à l'aide de William Brickell, elle convainc Henry Morrison Flagler de relier Miami à la de chemin de fer (Florida East Coast Railway), qui est achevée le 7 avril 1896. Le 28 juillet 1896 la ville se constitue en municipalité11 et compte environ 300 habitants. John Reilly est élu premier maire de Miami. Le Royal Palm Hotel, inauguré en janvier 1897, ouvre la région - jusqu'alors surtout vouée à l'agriculture - au tourisme. Les chantiers du chemin de fer et de la ville attirent des ouvriers de toute la Floride, en particulier des travailleurs noirs qui furent relégués dans la partie nord-ouest de la ville, surnommée alors « Colored Town » (aujourd’hui Overtown)12. Lire la suite