Le haut barrage d'Assouan, aussi appelé barrage d'Assouan, en arabe السد العالي, translittéré en as-Sad al-'Aly, est un barrage hydroélectrique achevé en 1970 à sept kilomètres en amont d'Assouan sur le Nil en Haute-Égypte. Il est décrit comme un des plus grands du monde[réf. nécessaire]. Sa capacité de retenue est de 169 milliards de mètres cubes d'eau.
Il a été construit en supplément de l'ancien barrage d'Assouan (lui même surélevé deux fois) qui ne donnait pas satisfaction en termes d'efficacité et de sécurité. Ce dernier est toutefois toujours en fonctionnement et continue de produire de l'énergie hydroélectrique.
Avant la construction de ce barrage, le Nil inondait chaque été les plaines fertiles de la vallée, en raison de l'affluence d'eaux provenant de toute l'Afrique de l'Est. Ces inondations apportaient des nutriments et des minéraux (limon) qui rendaient fertile le sol de la vallée du Nil et permettaient l'agriculture mais l'augmentation de la population dans la vallée rendait nécessaire le contrôle des eaux pour protéger les installations agricoles et les exploitations de coton. Les années de « grandes crues », des récoltes entières étaient perdues, alors que les années où la crue était moindre, la population souffrait de la sécheresse et de famine. Le but de ce projet était de réguler les crues, de produire de l'électricité pour le pays, et de constituer un réservoir d'eau pour l'agriculture.
En 1954, le président égyptien Gamal Abdel Nasser amorça ce projet avec pour objectifs de rendre l’eau disponible tout au long de l’année, d’étendre les surfaces irriguées, d’améliorer la navigation sur le fleuve et de produire de l’électricité. Il permettra également d'atténuer les dégâts engendrés par des inondations ou des sécheresses.
Nasser demanda d'abord une aide financière à la Banque internationale pour la reconstruction et le développement et une aide technique aux États-Unis et à la Grande-Bretagne qui, dans un premier temps, acceptèrent d'aider à sa construction, moyennant un prêt de 270 millions $ de leur part. Mais le projet fut annulé en juillet 1956, notamment en raison du puissant lobby américain du coton qui voyait dans le coton égyptien irrigué grâce au barrage l'arrivée d'un concurrent. Un contrat d'armement secret avec la Tchécoslovaquie et la reconnaissance par l'Égypte de la République populaire de Chine sont d'autres raisons probables, avancées par les historiens, alors que l'Égypte fait partie du mouvement des non-alignés. Enfin, les États-Unis, arguant officiellement que l'aide financière ne peut se faire en raison de la situation instable de l'économie égyptienne, tentent un coup de poker pour obtenir le ralliement de Nasser au camp occidental1. Peu après, Nasser nationalisa le Canal de Suez, dans l'objectif de financer le barrage par les frais de passage. Cet épisode donna lieu à la Crise du canal de Suez, qui se termina par l'ordre de l'ONU à la France, la Grande-Bretagne et Israël d'évacuer le territoire égyptien, et donc à la victoire de Nasser. Aussi pour construire ce barrage, l'Égypte chercha à faire partie de la sphère d'influence soviétique et Nasser se tourna vers l'Union soviétique, qui assumera un tiers de la construction et fournira environ 2 000 experts et techniciens. L'Égypte cessa alors de faire partie des pays non alignés. Lire la suite