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La pornographie a-t-elle une sexualité ?

Ob-scène. Telle est la place occupée par la pornographie dans le corpus de la sociologie. L’un des grands mérites de Mathieu Trachman est de donner une place à cet objet infréquentable de manière aussi ingénieuse que scientifiquement convaincante1. Il n’est pas anodin que l’une des principales références mobilisées pour ce faire soit Erving Goffman, à travers les concepts de « script » et de « mise en scène ». C’est ici que se noue l’enjeu empirique, théorique et normatif du Travail pornographique : ériger la pornographie en symbole des transformations du travail, des inégalités de genre et de la normalisation des identités sexuelles intervenues au cours des quarante dernières années. Cette démarche, à l’ambition intellectuelle et politique revigorante, suppose de dépasser les couples d’oppositions relatifs au commerce du sexe : libération/exploitation, normal/pathologique, sphère de l’intime/espace public, légitimation/stigmatisation, etc. C’est ce que permet le glissement d’un registre moral à un projet analytique explicité dès les premières pages du livre : la pornographie n’est pas envisagée par l’auteur comme une « part maudite » du social mais un travail spécifique, déplacement qui en fait un objet éligible par la sociologie du travail. Lire la suite...