La psychologie analytique (Analytische Psychologie en allemand) est une théorie psychologique élaborée par le psychiatre suisse Carl Gustav Jung à partir de 1913. Créée au départ pour se différencier de la psychanalyse de Sigmund FreudJ 1, elle se propose de faire l'investigation de l'inconscient et de l'« âme », c'est-à-dire de la psyché individuelle.
L'histoire de la psychologie analytique est intimement liée à la biographie de Jung. Représentée dans ses débuts par l'« école de Zurich », avec Eugen Bleuler, Franz Riklin, Alphonse Maeder
et Jung, la psychologie analytique est d'abord une théorie des
complexes psychiques, jusqu'à ce que ce dernier, dès sa rupture avec
Freud, en fasse une méthode d'investigation générale des archétypes et de l'inconscient, ainsi qu'une psychothérapie spécifique.
La psychologie analytique, ou « psychologie complexe » (Komplexe Psychologie en allemand), est à l'origine de nombreux développements, en psychologie
comme dans d'autres disciplines. Les continuateurs de Jung sont en
effet nombreux, et organisés en sociétés nationales dans le monde. Les
applications et développements des postulats posés par Jung ont donné
naissance à une littérature dense et multidisciplinaire.
La faisant reposer sur une conception objective de la psyché, Jung a
établi sa théorie en développant des concepts clés du domaine de la
psychologie et de la psychanalyse, tels celui d'« inconscient collectif », d'« archétype » ou de « synchronicité ». Elle se distingue par sa prise en compte des mythes et traditions, révélateurs de la psyché, de toutes les époques et de tous les continents, par le rêve comme élément central de communication avec l'inconscient et par l'existence d'instances psychiques autonomes comme l'anima pour l'homme ou l'animus pour la femme, la persona ou l'ombre, communs aux deux sexes.
Considérant que le psychisme
d'un individu est constitué aussi bien d'éléments de la vie personnelle
du sujet que de représentations faisant appel aux mythes et symboles universels, la psychothérapie liée à la psychologie analytique se structure autour du patient et vise au développement du « Soi », par la découverte de cette totalité psychique à travers la notion d'individuation.
Le psychiatre suisse et ses continuateurs, dépassent en outre le cadre épistémologique de la psychanalyse freudienne pour explorer des disciplines comme la science physique ou les types de personnalités,
qu'ils incluent dans une théorie psychique dite « analytique ». Cette
intégration d'autres disciplines a provoqué des divergences théoriques
nombreuses et les critiques de tous bords ont mis en cause la
psychologie analytique, accusée d'être une « psychologie des races », voire une mystique.
Histoire de la psychologie analytique
Articles détaillés : Histoire de la psychologie analytique et Carl Gustav Jung.
L'histoire de la psychologie analytique est intimement liée, à ses
débuts, à la biographie du psychiatre suisse qui en a jeté les bases : Carl Gustav Jung
(1875-1961). Celui-ci est en effet le premier à en développer les
postulats, d'abord seul (suite à sa rupture avec Freud), puis, peu à
peu, il est rejoint par des personnalités du monde médical,
psychanalytique ou psychiatrique principalement qui élaborent ainsi une
littérature abondante et diversifiée.
Les débuts : l'« école de Zurich » et la période psychanalytique
Jung débute sa carrière comme psychiatre à la clinique psychiatrique universitaire de Zurich surnommée le « BurghölzliI 1 », en 1900. C'est dans cet hôpital universitaire, sous la direction d'Eugen Bleuler
qu'il va, petit à petit, constituer sa nouvelle approche. Tout d'abord
il amasse une somme importante de rêves et de délires de patients. Il
met au point une méthode tenant de la psychanalyse, fondée sur l'échange verbal (talking cure) et sur l'étude des manifestations inconscientes ainsi que sur le transfert. Refusant l'hypnose,
comme Freud, Jung développe une approche amplificatoire des symboles
oniriques, ce qui le distingue du fondateur de la psychanalyse. Enfin,
il décrit un appareil psychique différent de la topique freudienne, notamment par l'hypothèse d'un inconscient collectif, qu'il conceptualise à la suite de l'étude des délires de son patient Emil SchwyzerI 2. Au début, Jung définit cette méthode comme « une observation des profondeurs psychiques », empruntant à son mentor Eugen Bleuler le nom de « psychologie des profondeurs » ou (Tiefenpsychologie en allemand)I 3. Son versant expérimental, datant de ses travaux avec Franz Riklin1, tente d'approcher les complexes grâce à la méthode dite des « associations de motsI 4 ». Il travaille aussi avec le psychanalyste Ludwig BinswangerI 5.
Dès ces années, Jung considère que l'inconscient est formé en partie
d'éléments psychiques autonomes, souvent personnifiés, et qui
influencent le conscient. Il se démarque dès lors de la doctrine des pulsions de Freud. Jung parle à ce moment de « psychologie des complexes ».
La clinique psychiatrique du Burghölzli vers 1890.
C'est en tant que pionnier de la psychanalyse, et « dauphin » de Freud2,
que Jung vaut d'être considéré comme le père de la psychologie
analytique. C'est en effet à la suite d'une longue collaboration avec la
psychanalyse de Freud, de 1909 à 1913F 1, qu'il peut développer ses concepts et approcher la structure de l'inconscient.
Ainsi, en 1910 l'Association Internationale de Psychologie Analytique
(« API ») est créée et Jung en est son premier président, et ce jusqu'en
1914I 6. Dès les débuts de la psychanalyse, l'école de Zurich de Bleuler et Jung forme « un noyau de troupe combattant pour la reconnaissance de la psychanalyse »N 1 reconnaît Freud. Publiant des Jahrbuch
(« Annales ») et accompagnant Freud lors de ses allocutions, le jeune
Jung se démarque néanmoins rapidement de l'orthodoxie psychanalytique.
En 1906, Jung publie sa Psychologie de la démence précoce dans lequel il utilise la psychanalyse mais où pointe déjà sa vision divergente du concept de libidoI 7. Cependant Freud signale cet ouvrage comme étant l'un des points d'aboutissement, avec celui de Bleuler sur la schizophrénie, de l'école de ZurichN 2. Aux États-Unis, grâce à ses recherches sur les associations surtoutG 1, et suite à son allocution à l'université Clark à Worcester,
en 1908, Jung est davantage connu que Freud. L'année 1907 marque
l'apogée des contributions de l'école suisse à la psychanalyse de VienneN 3.
C'est un ouvrage de Jung qui va provoquer sa rupture avec la
psychanalyse et précipiter la création de la psychologie analytique.
Jung rencontre en 1912 « Miss Miller », portée à sa connaissance par les
travaux de Théodore Flournoy, et dont le cas névrotique étaye davantage sa théorie de l'inconscient collectifI 8. L'étude de ses visions lui procure les matériaux nécessaires pour fonder son raisonnement, qu'il développe dans l'ouvrage Métamorphoses de l'âme et ses symboles. Freud parle alors d'« hérésie »G 2,I 9.
Jung est officiellement banni du cercle psychanalytique viennois dès le
mois d'août 1912. Dès lors, le mouvement psychanalytique se divise en
deux obédiences : les partisans de Freud d'un côté, avec Karl Abraham (qui écrit une critique de Jung3) et Ernest Jones en défenseurs de l'orthodoxie freudienne, et ceux de Jung de l'autre, dont Leonhard Seif, Franz Riklin, Johan Van Ophuijsen, Alphonse MaederI 10.
Rupture avec Freud et fondation de la psychologie analytique
Ce n'est qu'après avoir rompu avec Freud, en 19144, que Jung donne à sa démarche le nom de « psychologie analytiqueI 11 »
parce qu'elle se propose d'analyser et d'identifier les phénomènes
psychiques de la psyché. Les ouvrages de vulgarisation la feront
connaître sous le nom de « psychologie jungienne » car elle doit en
effet beaucoup à C. G. Jung, terme qui sera repris par ses successeurs,
pour la différencier davantage sur la scène publique de celle de Freud,
qui l'a toujours ignorée5. Le docteur Ernst Bernhard,
jungien italien, la nomme par ailleurs la « psychologie individuative »
mais Jung préfère parler soit de psychologie analytique, soit, dans ses
premiers travaux, de « psychologie complexeF 2,G 3 ».
Frieda Fordham explique néanmoins que la formule « psychologie
complexe » s'emploie plus volontiers actuellement, celle de
« psychologie analytique » prêtant à confusion avec l'approche du
psychologue George Frederick Stout qui est le premier à l'employer en 18866.
Jung définit précisément la psychologie analytique dès août 1913 au XVIIe Congrès International de Médecine organisé à Londres, lors d'une conférence intitulée « General Aspects of PsychoanalysisI 3 ». Il y présente cette « nouvelle science psychologique » comme étant née de la « technique analytique », la distinguant de la psychanalyse de Sigmund Freud et de la psychologie des profondeurs d'Eugen BleulerJ 1. Jung y suggère également de libérer la théorie psychanalytique de son « point de vue exclusivement sexuel » en se focalisant sur un nouveau point de vue, énergétique, se fondant sur la pensée d'Henri BergsonI 12 et sur le pragmatisme de William James pour son approche épistémologique.
Mais ce n'est qu'en 1914, après sa démission de l'Association
Internationale de Psychanalyse que Jung organise autour de lui un groupe
de médecins qui rejettent comme lui l'École de VienneI 13. Ces derniers constituent donc l'École de psychanalyse de ZurichI 14. Jung en partage la direction avec Alphonse MaederI 15 qui apporte à la conception des rêves comme compensation psychique une fonction prospective, orientée par la nécessité d'accomplir le développement du sujetG 4. Franz Riklin
est quant à lui également affilié à Jung. En 1916 ce dernier publie
simultanément une série d'articles à New York et Londres, écrits durant
les quatorze dernières précédentes et intitulée Collected Papers on Analytical Psychology. La préface de cet ouvrage constitue un véritable manifeste de ce courant, dans lequel Jung précise ses postulats de travail. Selon Charles Baudouin, « vers la fin de la guerre, Jung est en possession de toutes ses idées directrices »G 5, notamment les types psychologiques et les archétypes.
Jung conserve ainsi son obédience à la théorie psychanalytique, disant, dès les débuts de son schisme, qu'il emprunte à la fois à Freud et à Alfred Adler
(et sa théorie de la volonté de puissance), pour en faire une synthèse.
Sa terminologie change néanmoins suivant le point de vue adopté dans
ses investigations. Sa démarche n'est plus exclusivement sexuelle et la
valeur du symbole se détourne de l'orientation freudienne, enfin, la
méthode synthétique et prospective est privilégiéeJ 2.
Néanmoins la création de la psychologie analytique n'est pas quelque
chose de consciemment recherché, Jung évoluant dès 1914 et jusqu'en 1918
dans une phase de régression et de « dépression créatrice »I 16 qui lui permet de se confronter à l'inconscient. Sa façon de diriger la cure analytique s'en ressent ; il cherche alors chez ses patients les éléments de leurs « mythes personnels »
et donne là les premiers signes d'une future théorie cohérente et
distincte de celle de Freud et qu'il appelle à cette époque
alternativement « psychologie analytique » ou « psychologie
prospective ».
Jung constitue donc autour de lui et de sa femme Emma Jung un cercle de partisansI 13 formé d'Eugène Bleuler, de Franz Riklin (auteur d'une volumineuse étude sur la symbolique dans les contes intitulée Wunscherfüllung und Symbolik im Märchen en 1908), d'Alphonse Maeder (qui permet également la diffusion de la psychanalyse en FranceN 4,7), d'Adolf Keller, de Toni Wolff,
d'Hans Trüb et d'Herbert Oczeret. Jung réunit également chez lui des
sommités du monde intellectuel comme le chimiste Eduard Fierz, ainsi que
le mystique
juif Siegmund Hurwitz. Contrairement à la psychanalyse de Freud, la
psychologie jungienne n'a de cesse de chercher à étendre son système à
d'autres disciplines.
Photographie des membres du congrès international de psychanalyse de 1911 à Weimar réunissant les principaux créateurs de la psychologie analytique :
Emma Jung (6e depuis la droite, premier rang),
Toni Wolff (3e depuis la droite, premier rang),
Franz Riklin (1e depuis la droite, premier rang),
Carl Gustav Jung (7e depuis la droite, second rang) et
Alphonse Maeder (3e depuis la gauche, quatrième rang)8.
Jung et ses partisans fondent donc le « Club psychologique de Zurich9,I 17 »
qui réunit nombre de personnes différentes et qui devient l'Association
de Psychologie Analytique le 30 octobre 1914 et dont Jung est le
premier présidentG 6.
Cette association a pour but avoué de promouvoir les théories de Jung
et rassemble la plupart des analystes zurichois qui ont rompu avec FreudI 18.
Elle suit néanmoins les principes de l'école suisse de psychanalyse,
mais on s'y intéresse davantage aux moyens d'aider les gens « à améliorer leurs capacités d'adaptation à la vie »I 19.
À ce moment-là de sa vie, Jung est considéré comme le seul théoricien analytique capable de rivaliser avec l'homme de Vienne10,I 20, d'autant plus que la psychologie analytique s'implante aux États-Unis, avec les analystes Kristine Mann et Eleanor Bertine et en Angleterre, avec Mary Esther Harding,
qui fonde en 1922 le Club Psychanalytique de Londres. Par ailleurs, le
docteur Helton Godwin Baynes traduit les œuvres de Jung en langue
anglaise. Au Club de Zurich, certaines dissensions aboutissent néanmoins
à des départs, avec le cercle des fidèles de Jung d'une part et le
cercle de Riklin d'autre partI 21. Oskar Pfister notamment dénonce le culte de la personnalité autour de Jung.
L'institut C. G. Jung et le « groupe de Munich »
Article détaillé : Institut C. G. Jung de Zürich.
En 1925, à Zurich,
a lieu la première conférence de l'Association de Psychologie
Analytique intitulée « La psychologie analytique », au cours de laquelle
Jung donne une histoire de sa pensée, revenant aussi sur ce qu'il nomme
« les années Freud ». Dès lors, Jung s'entoure d'hommes et de femmes qui le suivront jusqu'à la fin de sa vie. Aniéla Jaffé
est d'abord secrétaire de l'Institut à partir de 1947 avant de devenir
sa secrétaire personnelle à partir de 1955 et ce jusque dans ses
dernières années. Barbara Hannah est sa continuatrice aux États-Unis alors que James Kirsch, Carl Alfred Meier, seul analyste qualifié par Jung de « disciple et de dauphin », et Jolande Jacobi (qui passe son doctorat
de psychologie dans le seul espoir de l'aider dans son travail) le
représentent en Europe. Jung fait aussi la connaissance en 1933 de celle
qui sera sa continuatrice principale, Marie Louise von Franz.
Cependant, la psychologie analytique va connaître dès 1933, lorsque Jung remplace Ernst Kretschmer
à la présidence de Société Internationale de Psychothérapie, alors
récupérée par les nazis, sa période la plus trouble. Son critique
principal, Richard Noll argue que Jung est alors, de sa volonté même, « Reichsführer » de la psychothérapie
en Allemagne, souhaitant contrôler la société freudienne de
psychanalyse. Jung quitte la présidence en 1940 non sans avoir empêché
que des concepts de la psychologie analytique, comme celui d'inconscient collectif, n'aient été récupérés à des fins de propagande idéologique11.
En 1935, devant le succès des ralliements, le Club psychologique devient une association professionnelle, la Scweirzerische Gesellschaft für praktische Psychologie, groupant médecins et psychologues autour de JungG 7. Depuis 1933, existe également le cercle d'Eranos (ou « Journées d'Eranos ») à l'initiative d'une admiratrice de Jung, Olga Froebe-Kapteyn. Il s'agit d'un rendez-vous de spécialistes de disciplines diverses, à Ascona, en Suisse italienne, autour de l'étude du symbolisme et qui s'impose rapidement comme un lieu d'humanismeA 1. Eranos concerne au début nombre d'analystes jungiens, mais également des personnalités scientifiques comme Mircea Eliade ou Paul Radin12. Olga Fröbe-Kapteyn fonde également l'« ARAS », pour Archive for Research in Archetypal Symbolism,
une entreprise de catalogage des symboles, images de rêves et autres
manifestations des archétypes à travers les âges et les cultures,
initiée en 1933.
En 1948, Jung rédige les statuts de fondation
d'un institut destiné à faire se rencontrer des éminents spécialistes
de diverses disciplines, dans une orientation commune, celle de la
psychologie analytiqueA 2. Il y enseigne jusqu'à sa mort et guide toute une génération d'étudiants qui poursuivent ses recherches. Carl Alfred Meier en est le premier président et, depuis le 26 juillet 1955, date du 80e anniversaire de Jung, l'AIPA, qui siège à Zurich, rassemble toutes les sociétés jungiennes du mondeJ 2. Un Kuratorium est également créé, dont Jung est le président, épaulé par Medard BossI 22. L'institut publie régulièrement des Études
qui hissent la psychologie analytique au rang de théorie psychologie de
premier ordre. Le premier volume est signé du Professeur Carl Alfred Meier et est consacré aux incubations
et aux symboles de la guérison dans les rêves. L'étude compte également
les travaux d'Hans Schaer sur les « Représentations du salut », ceux de
Gerhard P. Zacharias, de Siegmund Hurwitz ou d'Edgar Herzog, auteur de Psyche und Tod (La Psyché et la mort), lié aux thèmes oniriques morbidesG 8. Des ouvrages écrits en coopération apparaissent également, ainsi celui de Marie Louise von Franz et d'Emma Jung sur La Légende du Graal (1961).
Une vue de la maison abritant l'Institut C. G. Jung à Küsnacht.
Le groupe de Munich est, après celui de Zurich,
le plus prolifique en termes de recherches et en particulier après la
Seconde Guerre mondiale. Il publie, en deux volumes, une étude dense
intitulée Reich der Seele (Royaume de l'âme en français)K 1 et animée par le Dr Gustav R. Heyer et le Pr Friedrich SeifertG 9.
Ils y examinent l'imagerie de la psyché à travers les âges et les
civilisations. Heyer traite également de l'aspect thérapeutique, en
s'attachant à montrer que le masochisme peut être résolu par une approche non sexualiste
mais tenant du collectif. Selon lui, la sexualité peut elle aussi
signifier autre chose qu'elle-même, en cela elle ne peut être, comme
chez Freud, le seul niveau de lecture des psychopathologies. L'étude
rassemble d'autres jungiens se concentrant davantage sur l'anthropologie
tels Hilde Supan-Schwerdt qui distingue deux psychismes, l'un spirituel
et l'autre matériel ou l'indianiste et ami de longue date de Jung, Heinrich Zimmer. Ce dernier décrypte l'imagerie liée à l'inconscient dans la religion indienne et établit un parallèle entre la figure du gourou et celle de l'analyste européenG 10. Le groupe de Munich compte également S. Strauss-Kloebe, M. von Hornstein, E. Weippert ou Lucy Heyer.
Internationalisation de la psychologie analytique
L'article « Bibliographie de psychologie analytique » est un complément bibliographique à ce sujet.
L'histoire de la psychologie analytique a eu très tôt des échos dans les pays anglo-saxons et en premier lieu au Royaume-UniA 3.
Nombre de patients de Jung étaient en effet des Américains ou des
Britanniques, qui fondèrent par la suite des institutions dans leurs
pays respectifs. Il y eut également des analystes en URSSA 4, à l'insu du pouvoirI 23,
avec des analystes comme Emilii Medtner ou Valery Zelensky. Cependant,
d'autres pays ont accueilli la théorie jungienne, malgré l'ancrage de la
psychanalyse de Freud dans les cercles universitaires comme l'Allemagne ou l'Italie pour les plus importantsI 23. « Dans
certains pays, comme l'Italie, la psychologie analytique reste même,
pendant des années, la seule forme de psychanalyse connue, sans doute
parce que l'intérêt de Jung pour le phénomène religieux rend ses
théories plus admissibles » dans un pays catholique13. Des universités américaines offrent aujourd'hui des cours et des formations à la démarche jungienne comme la Pacifica Graduate Institute en CalifornieO 1. Sur le modèle de L'Institut C. G. Jung
de Zurich où le psychiatre suisse a officié, se sont également créés
des instituts de formation à l'analyse et de recherches comme le C. G. Jung Institute of New YorkO 2. Existent également des instituts locaux, à Los Angeles, San Francisco et Chicago.
Selon Christian Delacampagne l'école jungienne a évolué dans deux
directions : en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis une partie de
ses membres l'ont professionnalisé au sein d'organisations structurées,
une autre partie, depuis, a tenté de la prolonger, revendiquant son
influence orientale et son art de vivre, proche de la mouvance New Age13. La Société suisse de psychologie analytique, constituée à Zurich le 17 août 1957, est ainsi la première à se définir comme strictement réservée aux praticiens de l'analyseG 11.
Son premier président est Kurt Binswanger, à qui succède Fierz-Monnier
en 1961. Sur son modèle, nombre de sociétés professionnelles vont
apparaître dans différents pays au point de se regrouper, en 1958, sous
l'autorité d'une Société internationale de psychologie analytique dont
le premier président est Robert Moody, suivi par Franz Riklin. L'autre branche donnera naissance à divers courants de développement personnel ou de pratiques alternatives proches du syncrétisme spiritualiste14.
Après la création d'instituts et d'associations de recherche en
psychologie analytique, l'organisation de congrès réguliers, un certain
nombre d'auteurs vont émerger, poursuivant les travaux de Jung et en en
développant la portée dans le domaine de la médecine et de la psychiatrie surtout. L'étude des psychoses, initiée par Jung et Bleuler, est synthétisée par M. Schehaye. Mary Esther Harding poursuit l'étude des symboles du Soi (Journal into Selft, 1956), Erich Neumann s'intéresse à l'influence du génétique,
H. K. Fierz-Monnier se concentre sur la signification clinique des
types jungiens, Renée Brand étudie le phénomène de transfert analytique
et Albert Jung analyse la réalisation de soiG 12.
L'examen des rêves d'enfant selon la conception culturelle de Jung va
également entrer en psychiatrie grâce à plusieurs figures : Michael Fordham, W. Zublin, Robert Moody (sur la fonction du contre-transfert) et A. Plaut.
Dès le début de la psychologie analytique, l'Allemagne est réceptive
aux apports de Jung, en raison de son activité à Zurich et du fait qu'il
est germanophone. L'Institut de Stuttgart notamment propose des
formations théoriquesO 3, ainsi que l'Institut de MunichO 4 et de KölnO 5. En Suisse, l'Institut de Küsnacht est le premier à s'établir en 1948O 6. Il existe par ailleurs le Deutsche Gesellschaft für Analytische Psychologie de Stuttgart. Enfin l'Institut de Zurich est parmi les plus reconnus au mondeO 7 et en Suisse, à tel point que la très réputé Klinik am Zurichberg permet aux étudiants jungiens d'appliquer la psychologie analytique à des patients hospitalisésI 23. En Italie, une seule organisation existe : la Associazione Italiana di Psicologia AnaliticaO 8,
implantée à Rome, Florence, Milan et Naples, et à laquelle sont
rattachés des analystes jungiens italiens de renom parmi lesquels Ernst Bernhard, Mario Trevi, Aldo Carotenuto et Silvia Montefoschi.
Historiquement, en dépit de trois personnalités d'importance, Henri Corbin, Gilles Quispel et Élie HumbertI 23, la France est en retard dans la découverte des travaux de Jung. Fondée en 1969, la Société française de psychologie analytiqueO 9,
ou « Institut C. G. Jung de Paris », est la seule institution de
recherche et de formation. Néanmoins, de nombreuses associations
existent : le Groupe d'Études C. G. JungO 10, Les Cahiers jungiens de psychanalyseO 11
qui éditent des études de spécialistes jungiens, et le Cercle
Francophone de Recherche et d'Information C. G. Jung, présidé par Michel Cazenave et qui possède une universitéO 12. En Belgique, il existe une École belge de psychanalyse jungienne à BruxellesO 13 aux côtés d'une Société belge de psychologie analytiqueO 14. Au Canada, il existe une Association of Jungian Analysts basée dans l'OntarioO 15 ; au Brésil une Associação Junguiana do BrasilO 16 ainsi que le Groupe Jung de Buenos Aires ; en Colombie, les Amigos de JungO 17 ; en Argentine, la Fundacion de Psicologia Analitica de la Republica ArgentinaO 18 ; en Suède, le CJP Center for Jungian PsychologyO 19 ; en Israël, la New Israeli Jungian Society d'Eward F. Edinger, contemporain de JungO 20.
Les analystes jungiens vont non seulement propager la psychothérapie
analytique mais également poursuivre les travaux de Jung sur les rêves,
les archétypes et sur certains concepts comme la synchronicité ou la symbolique des nombres. Marie Louise von Franz
est ainsi la principale continuatrice de Jung. Reliant l'alchimie, les
mathématiques et les contes de fées à l'analyse jungienne, elle étend sa
méthode et publie aussi la plupart des manuscrits inachevés de Jung.
Les analystes actuels, James Hillman, John Beebe, Anthony Steven ou Clifford Mayes, ont véritablement assimilé, puis approfondi la psychologie analytique de Jung.
Les développements de la psychologie analytique
Les nombreuses approches de Carl Gustav Jung
ont donné lieu à des continuités théoriques, des recherches et des
pratiques diverses aussi. Parmi les domaines ayant donné lieu à des
continuations, les plus connus sont : la typologie psychologique, les psychothérapies d'inspiration jungienne, l'éducation et la pédagogie et l'étude des archétypes
notamment. Une série de personnalités de diverses disciplines,
analystes ou non, témoignent de la pérennité et du développement
constant de la psychologie analytique.
Courants de la psychologie analytique
La psychologie archétypale
Le psychothérapeute américain et premier directeur de l'Institut Jung de Zurich, en 1959, James Hillman, étudie les manifestations symboliques modernes, et surtout celles se faisant jour dans des pathologies comme l'anxiété, l'onanisme ou la folie. Hillman se définit lui-même comme un analyste « écopsychologique »15
et nomme son approche la « psychologie archétypale ». Il voit dans
l'activité onirique la clé de l'équilibre personnel, expliquant que le
rêve contient les « données archaïques qui créent les phantasmes. » L'interprétation ne peut être littérale, autrement elle simplifie à outrance. L'émotion et le processus de métaphorisation de l'imagination sont premiers sur l'interprétation intellectuelle. L'inconscient collectif est selon Hillman un « enfer intérieur » (« Unterwelt » en allemand), source du renouveau de la personnalité16.
La mythologie permet donc d'expliquer les pathologies, mais aussi de donner des clés appropriées pour la thérapie. Hillman recommande donc un « retour à la Grèce », en distinguant deux voies modernes : l'« approche monocentrique », marquée par la pensée chrétienne et judaïque, celle du Moi, et « la voie helléniste », celle de l'inconscient, polycentrique17 et qui nourrit Le polythéisme de l'âme (1982). Hillman ne reconnaît par ailleurs pas les nombreux concepts établis par Jung comme, par exemple, le processus d'individuation, et dénonce le « mythe de l'analyse », si bien que certains le considèrent comme un « anti-jungien »18. Les travaux du mythologue américain Joseph Campbell sont proches de ceux d'Hillman. Cet anthropologue américain a ainsi étudié les domaines de la mythologie comparée et de la religion
comparée dans une approche psychologique, dans le but de découvrir les
schémas fondamentaux et archétypiques de la croyance et du mythe. Il a
développé une théorie du « monomythe »,
c'est-à-dire l'idée que tous les mythes du monde racontent
essentiellement la même histoire, sur laquelle ils ne sont que des
variations. Dans son essai de 1949, Le Héros aux mille et un visages (The Hero with a Thousand Faces)
Campbell analyse les variations d'images et les métaphores utilisées de
tous temps pour symboliser les transformations psychiques de l'individu
dans une méthode proche de celle d'Hillman, c'est-à-dire fondée sur
l'interprétation émotionnelle.
Éducation et psychologie analytique
L'analyste Clifford Mayes.
L'ouvrage de Carl Gustav Jung, Psychologie et éducation, est le premier à mêler psychologie analytique et pédagogie.
Cette étude donna lieu par la suite à la création d'une pensée
jungienne de l'éducation. David Lucas dans son article « Carl Gustav
Jung et la révolution copernicienne de la pédagogie » résume ainsi cette
fusion de la psychologie de Jung avec les catégories de l'éducation,
considérée comme praxis : « L’œuvre
de Carl Gustav Jung conduit à considérer que la relation pédagogique ne
met pas seulement en jeu des contenus ou des consignes rationnelles,
mais aussi une influence tenant à la sensibilité et à la personnalité du
pédagogue. L’éducation n’est alors plus de l’ordre du seul discours,
mais tient également aux dispositions psychiques de l’adulte. Or ces
dispositions échappent largement aux méthodes pédagogiques programmées
d’avance, et dépendent au contraire de ce que l’éducateur est dans le
plus intime de sa psychologie. Cette attention portée à l’équation
personnelle de l’adulte constitue une véritable révolution copernicienne
de la pédagogie, car si l’être de l’éducateur devient la principale
détermination de l’influence qu’il exerce sur l’enfance, ce sera tout
d’abord lui qui devra être éduqué »19.
Ce type de travaux permet une approche nouvelle du nourrisson notamment, approche initiée surtout par Michael Fordham (Vom Seelenleben des Kindes, 1948). Charles Baudouin cite également G. H. Graber (Seelenspiegel des Kindes, 1948) et Charlotte Geitel (« L'enfant introverti », in Reich der Seele, 1937)G 13. L'« archetypal pedagogy »
(ou « pédagogie archétypale » en français) est le nom d'une pédagogie
basée sur la psychologie analytique et synthétisée par les travaux de Clifford Mayes (Jung And Education: Elements Of An Archetypal Pedagogy) et en France par ceux de Frederic Fappani, chercheur en sciences de l'éducation.
Influence sur les sciences humaines
Ethnologie et anthropologie de l'imaginaire
L'étude des mythologies comparées a bénéficié de la psychologie analytique, notamment à travers le concept d'« archétypeG 14 ».
Deux figures ont en effet intégré une partie de la démarche de Jung au
sein des études mythologiques. Le mythologue Hongrois Károly Kerényi, tout d'abord, a collaboré plusieurs fois avec JungI 24, dans Introduction à l'essence de la mythologie (1953) puis dans Le Fripon divin (1958), avec l'anthropologue américain Paul Radin également. Mircéa Eliade parle lui aussi d'« une continuité entre les univers onirique et mythologique »20 et soulignée par les trois hommes.
Des ethnologues jungiens ont par ailleurs très tôt permis une diversification disciplinaire de la théorie de Jung. Ainsi John Layard, qui étudie l'endogamie et les rites de mariage dans diverses cultures dans The incest Taboo and the Virgin Archetype (1945), et Erich Neumann, qui élabore quant à lui une analyse historique et culturelle de la figure du héros comme symbole du Moi agissant. Gaston Bachelard, dans ses écrits comme la Psychanalyse du feu, développe une théorie de l'imagination
influencée par la symbolique des archétypes également. Ses méthodes
d'analyse doivent beaucoup à la démarche de la psychologie analytique21. Jung a également travaillé avec l'indianiste Heinrich Zimmer (Myths and Symbols in Indian Art and Civilization, 1946) et avec le sinologue et traducteur du Yi King, Richard Wilhelm.
Le sinologue, et ami de Carl Gustav Jung, Richard Wilhelm.
Archétypologie et esthétique
L'analyse des manifestations archétypales conduit nombre d'analystes à
étudier l'œuvre d'art et la littérature dans une perspective jungienne.
Charles Mauron nomme cette approche la « psychocritique »,
et, s'il emprunte nombre de concepts à la méthode de Freud, l'examen
des conditions psychiques personnelles est, selon ses mots, tiré des
travaux de JungK 2. Jennifer Waelti-Walters étudie les thèmes archétypaux liés au mythe d'Icare dans l'œuvre de Jean-Marie Le ClézioK 3.
L'analyste jungienne belge Gilberte Aigrisse a également publié « Une
interprétation jungienne de quelques toiles de van Gogh » alors que
James Krsch étudie le symbolisme dans Moby Dick d'Herman Melville, à travers le complexe d'inflation.
Charles Baudouin a par ailleurs proposé diverses lectures de grands auteurs, tels Molière ou Jean Racine. Enfin Gilbert Durand, à travers son ouvrage Les Structures anthropologiques de l'imaginaire,
s'appuyant sur les archétypes et leurs dynamismes de représentation,
établit deux régimes esthétiques : le « diurne » et le « nocturne ». La mythanalyse, qu'il développe avec Pierre Solié, se veut aussi être une « archétypologie22 ». Durand a également réalisé un travail d'élargissement de l'archétypologie vers le domaine artistique, notamment dans Beaux-arts et archétypes : la religion de l'art (1989) en introduction duquel il explique que : « la
philosophie de l'archétype est encore sinon à illustrer (...) mais bien
à défendre un quart de siècle après la disparition de l'« inventeur »
de cette notion, Carl Gustav Jung »K 4. Le critique et spécialiste de la littérature Northrop Frye qui publie en 1949 Anatomy of Criticism se réfère directement à la théorie des archétypes de Jung, qui sont pour lui des « modèles thématiques ou purement littéraires, indifférents aux règles de la vraisemblance ». En somme, les mythes sont « les principes structurels de la littérature »K 5. Le critique littéraire Georges Poulet, enfin, a notamment transposé les modèles jungiens dans l'étude des textes et des univers de fictionK 6.
Les psychothérapies d’inspiration psychanalytique
Indirectement, la théorie de Jung a eu une profonde influence sur la société et sur les psychothérapies d’inspiration psychanalytique (« PIP »).
En effet, les notions jungiennes ont connu une réactualisation au sein
des psychothérapies, notamment celle de la « cure analytique »,
consistant en un face-à-face avec le patient. Élisabeth Roudinesco et Michel Plon, dans leur Dictionnaire de la psychanalyse expliquent : « Les deux grandes écoles de psychothérapie du XXe siècle
sont l'école de psychologie analytique fondée par Carl Gustav Jung et
l'école de psychologie individuelle fondée par Alfred Adler, nées toutes
deux d'une dissidence avec celle fondée par Freud »23. La thérapie du « jeu de sable » est également issue de la psychologie analytique. Développé par Dora KalffK 7
à partir du « jeu du monde » de Margareth Löwenfeldt, il s'agit pour le
patient, adulte ou enfant, de donner forme, avec du sable sec et
humide, et des figurines, aux images inconscientes et imaginaires. Ce
jeu fait écho à un épisode de la vie de Jung, quand il dut se confronter
à l'inconscient. Le jeu lui permet alors de canaliser les images
émanant de la psyché.
Plusieurs autres méthodes psychothérapeutiques empruntent à la
psychologie analytique. Charles Baudouin cite pèle-mêle : la méthode de
Paul Bjerre, celle de Léopold Szondi, créateur de la notion d'« inconscient familial » et de la « psychologie du destin », de Robert Desoille et son approche du « rêve éveillé », de Paul Diel et de sa « psychologie de la motivationG 15 », de Ludwig Binswanger et Medard Boss, créateurs de l'« analyse existentielle ». Les pratiques d'Igor Caruso
et de Paul Tournier (la « médecine de la personne »), ainsi que d'A.
Stocker, entre autres, sont également influencées par la psychologie
analytique. Le psychothérapeute Paul Watzlawick, qui étudia à l'institut C. G. Jung de Zurich de 1949 à 1954, fonde sa thérapie familiale sur l'hypothèse d'un inconscient familial proche de l'inconscient collectif de Jung. Stephen Gilligan qui développa la « créativité générative », proche des techniques de l'hypnose ericksonienne, et qui reprend l'idée d'un inconscient créateur dont l'expression est le SoiG 16.
La caractérologie et la typologie
Dès ses débuts, la psychologie jungienne a intéressé la psychologie expérimentale et la psychométrie, notamment aux États-Unis. Ainsi, C. A. Neymlann et K. D. Kohlstedt, dans Diagnostic test for introversion-extraversion (1928) établissent un questionnaire fondé sur la typologie de Jung. Laird (1926) puis Flemming (1927) l'utilisent dans les procédures de recrutement ou de reconversionG 17. Les types psychologiques ont ainsi une influence féconde sur une génération de psychologues : Katherine Cook Briggs et Isabel Briggs Myers, en 1962, développent le questionnaire MBTI (pour Myers-Briggs Type Indicator), utilisé dans certaines méthodes de coaching et provenant largement de la classification en types de Jung.
La socionique est une autre théorie des relations entre les types de personnalités inspirée également des types psychiques, créée par Aushra Augustinavichute, dans les pays de l'Est, dès les années 90. Par ailleurs, la typologie jungienne de la personnalité a nettement influencé la graphologie et la caractérologie dite de l'« école de Groningue ». Une élève de Jung, Ania Teillard, auteur des Types psychologiques de Jung et leur expression dans l'écriture (1946) et de L'Âme et l'écriture (1948) met en relief les correspondances graphiques et les types psychiques. Enfin, le psychiatre et neurologue suisse Hermann Rorschach s'inspira de la typologie de Jung pour bâtir son test projectif et portant son nom, publié dans Psychodiagnostic (1921) et très utilisé aujourd'hui24.
Éthique, sociologie et économie
Le professeur d'économie et sociologue Eugen Böhler enfin appliqua la théorie jungienne au comportement de masseI 23, expliquant que la vie économique « est moins régie par les intérêts du pays que par des impulsions collectives issues des fantasmes et des mythes »K 8 alors qu'Erich Neumann, dans Tiepfenpsychologie und neue Ethik (1947) explique en quoi la vision jungienne renouvelle la morale, en se fondant sur le psychismeK 9.
Il a décrit le phénomène de la « souffrance représentative » par lequel
un individu partage et exprime le fardeau d’un collectif et qu’il peut
« détoxifier » par son travail thérapeutique individuel, suivant la
formule de Jung selon laquelle tout changement sociétal est d'abord
personnel. Hans Trüb, dans Du Soi au monde (1947) étudie la figure du Soi dans l'imaginaire jungien, source d'une nouvelle éthique s'il elle n'est pas confondue avec la figure de DieuI 25.
Fondements philosophiques et épistémologiques
Le philosophe pragmatiste américain William James a beaucoup influencé la pensée de C. G. Jung.
Héritage philosophique
Carl Gustav Jung se réclame principalement du courant philosophique de l'Américain William James, fondateur du pragmatisme, et qu'il a rencontré lors de son séjour aux États-Unis, en 1909I 26. Jung y fait également la connaissance d'autres figures de ce courant comme John Dewey ou Franz Boas en anthropologieI 27. Le pragmatisme est pour Jung la voie sûre pour asseoir la psychologie sur des bases scientifiques selon Sonu Shamdasani25. En ce sens sa théorie est une observation des phénomènes, une phénoménologie selon ses mots. Le psychologisme est suspect à ses yeuxD 1. Tout au long de ses écrits, Jung voit dans l'empirisme non seulement le gage d'une neutralité de méthode mais aussi le respect d'un principe éthique qui doit être la règle du psychologue : « Je
considère donc comme un devoir moral de ne pas émettre d'assertions sur
les choses que l'on ne peut voir et dont on ne peut démontrer
l'existence, et je considère que l'on commet un abus de pouvoir
épistémologique quand on le fait malgré tout. Ces règles valent pour les
sciences expérimentales. La métaphysique en observe d'autres. Je me
considère comme tenu de respecter les règles de la science
expérimentale. En conséquence on ne trouvera pas dans mes travaux
d'assertions métaphysiques, ni - nota bene - la négation d'assertions métaphysiques » explique-t-ilE 1.
Selon Luigi Aurigemma, la pensée de Jung est également marquée par celle d'Emmanuel Kant, et plus généralement par la philosophie rationaliste allemandeI 28. Ses conférences dévoilent sa parfaite assimilation de la pensée kantienne, en particulier des textes Critique de la raison pure et Critique de la raison pratiqueL 1. La pensée de Jung appartient pour Luigi Aurigemma au « relativisme épistémologique » car elle « ne postule aucune croyance de nature métaphysique »L 2. Jung utilise en effet la grille rationaliste de Kant pour brider sa pensée et s'interdire des excursions dans le métaphysiqueL 3. Pour Françoise Parot, et a contrario de la « pensée rationalisante », Jung est l'« héritier des mystiques » (Maître Eckhart de Hochheim, saint Augustin ou Hildegarde de BingenL 4) et des Romantiques, qu'ils soient scientifiques, comme Carl Gustav Carus ou Gotthilf Heinrich von Schubert en particulier, ou philosophes et écrivains, tels Nietzsche, Goethe, et Schopenhauer, dans sa conceptualisation de l'inconscient en particulierJ 3. Quant à sa typologie elle est profondément dépendante de la pensée de Carl SpittelerI 29 et de son concept d'« imagoF 3 ».
Héritage scientifique
Le groupe de recherche de Wilhelm Wundt en 1880.
Jung étant psychiatre de formation, il possède une connaissance approfondie de l'état des sciences de son tempsF 4. Il se réfère en effet régulièrement à la psychologie expérimentale de Wilhelm Wundt. Son test des associations de mots établi avec Franz Riklin est de fait l'application directe de la théorie de WundtI 30. Bien que la psychologie analytique doive beaucoup à Sigmund Freud,
Jung emprunte des concepts à d'autres théories de son temps. Ainsi,
l'expression d'« abaissement du niveau mental » provient des recherches
du psychologue français Pierre Janet dont Jung a suivi les cours pendant ses années d'étude en France, en 1901I 31. Jung utilise par ailleurs le concept de « participation mystique » qu'il doit à l'ethnologue français Lucien Lévy-BruhlE 2,I 32 et qu'il l'utilise pour décrire « le fait surprenant que [les primitifs] éprouvent des relations qui échappent à la compréhension logique »,
à l'image de cette tribu d'Amérique du Sud rencontrée lors d'un de ses
voyages et dans laquelle les hommes prétendent qu'ils sont des aras rougesC 1. Enfin, l'expression anglaise de « pattern of behaviour », qui sert de synonyme pour les archétypes jungiens provient de l'éthologie.
Néanmoins, l'apport principal qui façonna la psychologie analytique demeure la psychanalyse de Freud, et dont Jung repris nombre de concepts, en particulier la méthode d'investigation de l'inconscient par les associations d'idées. Les apports d'autres analystes sont également intégrés à sa démarche, tels ceux de Sándor Ferenczi (Jung s'appuie sur sa notion d'« affect ») ou Ludwig Binswanger avec la daseinsanalyse. Jung affirme ainsi que « la
contribution de Freud à notre connaissance de la psyché est, sans aucun
doute, de la plus haute importance. Elle offre une information
pénétrante des sombres recoins de l’âme et du caractère humain, qui ne
peut être comparée qu’à la Généalogie de la morale de Nietzsche. À cet égard, Freud fut l’un des grands critiques culturels du XIXe siècle »26.
Différences avec la psychanalyse
La psychologie analytique ne reconnaît pas les postulats fondamentaux de la psychanalyse
et propose deux ruptures majeures vis-à-vis de la théorie freudienne :
l’existence d’un inconscient « double », à la fois individuel et
collectifF 5 et le sens donné au concept de « libidoI 33 ». Jung élargit en effet la conception freudienne de la pulsion vers un concept de dynamique psychique globale. Le désir de la mère dans la vision jungienne n’est pas relatif à l'inceste et ne confine pas au seul complexe d'ŒdipeF 6,I 34. Par ailleurs, la névrose est provoquée par une incapacité du conscient à affronter la réalité et ne provient pas nécessairement de la lointaine enfanceF 7. La divergence est selon lui davantage philosophique : « Par
rapport à Freud, je suis en désaccord avec son matérialisme, sa naïveté
(la théorie du trauma), ses hypothèses fantaisistes (la théorie de Totem et Tabou) et avec son point de vue purement biologique qui ne tient pas compte du contexte social (la théorie des névroses) »26. Parmi les divergences principales, la perception du symbole est centrale. Il est la composante fondamentale de l'archétype et il s'oppose au signeE 3, alors que pour Freud il est le produit de la condensation. Par ailleurs, pour Jung — comme pour la psychanalyste Sabina Spielrein (La Destruction comme cause du devenir, 1912)I 35 et qui a introduit la notion en psychanalyse — la pulsion de mort est liée à la renaissance de l'être et n'est pas unilatéralement un instinct de mort27.
Enfin, la divergence majeure quant à l'analyse est celle relative au transfert. Jung explicite sa position dans Psychologie du transfert également développée par Alphonse Maeder ;
il s'agit selon lui d'un phénomène qui consiste en le fait de
transférer sur son analyste des sentiments, négatifs ou positifs, au
cours de la cure et qui est recherché par la psychologie analytique
alors que Freud y voit une cause de détérioration (la « névrose de transfert »).
Il ne s'agit donc pas pour Jung d'un phénomène pathologique qu'il
s'agirait de réduire par l'analyse, mais d'un phénomène naturel dans la
relation entre deux êtres humains, qui résulte du déploiement des dynamiques archétypiques
entre deux personnes. Le transfert est donc, sinon normal, nécessaire à
l'analyse. L'analyste permet au patient de se libérer d'un complexe en
l'absorbant, de manière à lui permettre de progresser. De ce fait, la
distinction freudienne entre transfert et contre-transfert
est inopérante, ce dernier terme étant réservé à la façon dont
l'analyste fait inconsciemment obstacle à la poursuite du processus
analytiqueF 8.
Les postulats de la psychologie analytique
La psyché, ou « âme », objet de la psychologie analytique
Article détaillé : Âme en psychologie analytique.
La psychologie analytique décrit et révèle des « invariants de l'âme »,
selon Jung. Celle-ci est décrite comme le lieu de rencontre entre le
conscient et l'inconscient, ce dernier étant considéré comme une
dynamique qui tend à l'équilibreF 9.
Chaque concept de la psychologie jungienne donne du sens à un aspect du
système psychique. Les termes de « système psychique », de « psyché »
ou d'« âme » sont tour à tour employés par Jung et ses collaborateurs
pour désigner le psychisme. Néanmoins Jung n'utilise pas le terme
d'« âme » sans en reconnaître les connotations religieuses, ce qui lui
valut la critique de « mystique », notamment de la part de Freud28 ou de Richard Noll. Pour la psychologie analytique, l'âme humaine, au sens psychique, est naturaliter religiosa
(« naturellement religieuse » en latin) ; en ce sens, cette théorie
réhabilite la fonction religieuse et spirituelle en psychologie. Il
s'agit en effet pour Jung de la seule position éthique permettant de penser l'homme dans sa globalité : « Qu'on
se représente comme on voudra la relation entre Dieu et l'âme, une
chose est certaine : l'âme ne peut pas être un « rien que » ; au
contraire, elle a la dignité d'une entité à laquelle il est donné d'être
consciente d'une relation avec la divinité »E 4,I 36.
Représentation conique de la structure de la psyché selon la psychologie analytique :
1. le Moi ;
2. le conscient ;
3. l'inconscient personnel ;
4. l'inconscient collectif ;
5. la partie de l’inconscient collectif qui ne peut être connue, dite « inconscient archaïque29 ».
La psychologie analytique envisage plusieurs voies possibles pour
accéder à la psyché, voies qu'elle nomme les « manifestations
psychiques ». Freud se limitait au rêve et à son contenu latent, aux mots d'esprit, aux lapsus et enfin aux actes manqués, sans oublier le comportement pathologique et névrotique alors que Jung étend les manifestations inconscientes à la culture et aux systèmes de pensée. Le rêve, qui demeure, comme chez Freud, la « voie royale » d'exploration de l'inconscient, et les visions, qui sont des rêves transgressant la barrière consciente, sont ainsi des moyens d'étude directe de l'inconscient. Les fantasmes, par ailleurs, sont des matériaux inconscients, que la méthode de l'imagination active
permet d'intégrer. Les productions esthétiques (dessins, écrits...),
dont les allégories et gravures alchimiques, sont des projections
conscientes de matériaux inconscients. Les mythes, enfin, à un niveau davantage culturel, sont des représentations d'archétypes. Le domaine de la parapsychologie est également pour Jung un réservoir de phénomènes psychiques. La vision de fantômes, par exemple, s'explique par une projection de complexes psychiques personnifiés.
Le rêve et le mythe
Article détaillé : Rêve en psychologie analytique.
En 1916, Carl Gustav Jung publie Points de vues généraux de la psychologie du rêve,
dans lequel il développe sa propre compréhension des rêves, qui diffère
beaucoup de celle de Freud. Pour Jung, les rêves sont aussi une porte
ouverte sur l'inconscient, mais il élargit leurs fonctions par rapport
au point de vue freudien. Une des principales fonctions du rêve est
ainsi de contribuer à l'équilibre psychique
en compensant les jugements de la vie consciente : un homme dévoré par
son ambition et son arrogance par exemple se verra en rêve petit et
frêleJ 4,G 18.
L'inconscient pour Jung lui montre par ce moyen que son attitude est
trop assurée, trop consciente, et refuse l'intégration de parties
inférieures de la personnalité, en général niée par le caractère
arrogant : l'acceptation de faire des erreurs ou les sentiments. Jung
appelle ce mécanisme la « compensation », fonction qui a pour rôle de
rétablir l'équilibre naturel de la psychéE 5. Un contenu inconscient est ainsi mis en images par l'intermédiaire du symbole qui, pour Jung, a une face affective (il fait naître un sentiment pouvant être parfois numineux lorsqu'il est relié à un archétype) et une face intellectuelleE 6.
Certains sont personnels, et d'autres sont collectifs et ont de tout
temps signifié des événements existentiels ; ils expriment les phases du
processus d'individuation qui se retrouvent dans les ouvrages littéraires, les peintures, l'alchimie ou encore les mythes.
La psychologie analytique est surtout connue pour son étude
historique et géographique des mythes comme élaboration inconsciente
visant à expliquer, par le symbole, la structure et les manifestations
de la psyché. Le mythe représente directement les éléments et phénomènes provenant de l'inconscient collectif
et pouvant se modifier, dans sa représentation, à travers l'histoire
mais demeurant dans leurs significations toujours semblables. Si Jung se
fonde surtout sur les mythes chrétiens ou païens (grecs et latins), il
tente néanmoins de montrer que l'inconscient est composé de mythologèmes
qui se retrouvent dans toutes les cultures. Il s'intéresse alors aux
religions de l'hindouisme, du zoroastrisme ou encore à la pensée chinoise,
qui toutes sont communes quant aux représentations des fondamentaux de
la psyché. La psychologie analytique s'intéresse au champ des
significations, partant de l'hypothèse que l'être est en contact
constant avec les matériaux universels et symboliques de l'humanité30.
Concepts de la psychologie analytique
Les « lieux psychiques »
Jung va, dès 1906, se démarquer de la topique psychanalytique élaborée par Freud
en imaginant la structure de la psyché comme un ensemble d'instances
psychiques plus ou moins autonomes, et non plus seulement comme un
ensemble polaire conscient/inconscientH 1. Reprenant néanmoins des concepts majeurs élaborés par Freud, comme le Moi et l'inconscient, Jung en élargi la dimension au collectif. Sa contribution principale reste le Soi, ou archétype de la totalité, qui structure la psyché et oriente son développement, et les instances personnifiées comme l'anima et l'animus, la persona et l'ombre.
La conscience
La conscience est selon Jung un champ d'attention, plus ou moins variable mais qui ne constitue pas la totalité de la psychéC 2. La conscience a émergé de l'inconscient au fil du développement phylogénétique de l'appareil psychique et neurologique humainE 7. Pour Jung, « la
conscience humaine, la première, a créé l'existence objective et la
signification et c'est ainsi que l'homme a trouvé sa place indispensable
dans le grand processus de l'être »D 2 ; elle est en effet le lieu psychique privilégié du « complexe du Moi », caractérisé par la volition et le raisonnement, par la mémoire égalementH 2. Le Moi n'est cependant pas la seule autorité sur la conscience, celle-ci étant intermittenteC 3 et d'autres complexes peuvent devenir semi-conscientsF 10. L'anima peut ainsi devenir autonome et agir contre le Moi, comme dans les rêves notamment. James Hillman parle ainsi d'un « moi imaginal »
lorsqu'il baigne dans l'inconscient. Celui-ci est souvent figuré sous
les traits d'un personnage d'autorité comme le roi dans l'alchimie
ou les rêves. Certains autres phénomènes psychiques ou physiques
provoquent également dans la conscience des « abaissement du niveau
mental » qui laissent alors pénétrer des contenus inconscients. Les
visions et délires sont autant de zones de faible résistance psychique
qui influencent directement la conscience.
Jérôme Bosch, Hieronymus (« Aussi
l'âme est-elle non seulement un problème personnel, mais un problème du
monde entier, et c'est à ce monde entier que le psychiatre a à faire »D 3).
L'inconscient
Article détaillé : Inconscient (psychologie analytique).
Concept psychanalytique par excellence, l'inconscient (« Unbewussten » en allemand) est néanmoins chez Jung bien plus qu'un réservoir de souvenirs et de pulsions refoulées : il a une dimension vitale (il a une fonction dans le développement de l'individu) et une dynamique propreH 2.
Tout d'abord, la psychologie analytique définit l'inconscient comme
l'espace de l'inconnu, son approche est, dans ses premiers travaux,
philosophico-pragmatique. Jung part en effet d'une conception théologique et philosophique de l'inconscient, celle de Schopenhauer et de la psychologie expérimentale. Par l'étude des complexes entreprise avec Franz Riklin, Jung postule un inconscient motivé qui compense l'attitude conscienteC 4.
Il constate que l'homme se distingue par deux réalités, l'une connue
(la conscience) et l'autre inconnue, constituée de matériaux et de
phénomènes hors de portée de l'attention qu'il nomme la « psyché objective »E 8. La structure de cet espace répond aux représentations traditionnelles de la psychanalyse
de Freud, néanmoins Jung va distinguer dans l'inconscient une partie
collective et une partie individuelle, propre à la personnalité :
l'« inconscient personnel » composé des instances psychiques
personnifiées, c'est-à-dire l'ombre, la persona, l'anima ou l'animus. Il intègre également d'autres processus comme les complexes autonomesF 3.
L'inconscient personnel se manifeste dans les rêves et les productions
imaginaires et est également en constante relation avec la
personnalité : « la psychologie n’est pas
uniquement un fait personnel. L’inconscient, qui possède ses propres
lois et des mécanismes autonomes, exerce sur nous une influence
importante, que l’on pourrait comparer à une perturbation cosmique.
L’inconscient a le pouvoir de nous transporter ou de nous blesser de la
même façon qu’une catastrophe cosmique ou météorologique »E 9.
L'inconscient collectif
Article détaillé : Inconscient collectif.
Concept majeur de la psychologie analytiqueH 1, l'inconscient collectif (« kollektives Unbewusstes » en allemand) a été postulé bien avant elle, en philosophie et en psychologie expérimentale notamment. Jung dit d'ailleurs en tenir l'idée de Schopenhauer mais c'est la méthode de Freud qui lui en a permis l'investigationE 10.
Alors que l'inconscient personnel fait partie intégrante de la
personnalité, l'inconscient collectif est universel et est commun à tous
les hommes. Il constitue ainsi « une condition ou une base de la psyché en soi, condition omniprésente, immuable, identique à elle-même en tous lieux »E 11. Jung en parle comme de la couche la plus profonde de l'âme, qui abrite deux processus clés de la psychologie analytique : les instincts et les archétypes. Jung le qualifie de « collectif » car ces matériaux se distinguent par leur récurrence d'apparition dans l'histoire humaineE 12.
L'inconscient collectif ne se transmet pas mais ses éléments
constitutifs, les archétypes se transmettent comme des possibilités de
représentations. L'expérience humaine, au fil des siècles, nourrit ce
réservoir d'images primordiales qui conditionne ensuite tout être
humain. Les rituels religieux ou animistes naissent d'une identification aux matériaux collectifs par la voie de la participation mystique.
Les grands mythes naissent de ces systèmes fonctionnels autonomes, qui
ne doivent rien à la personnalité, et qui la conditionnent en
particulier lorsqu'un archétype est excité (« constellé » dans le
vocabulaire jungien) ; c'est pourquoi selon Jung, tous les mythes ont
des interprétations similaires d'une civilisation à l'autre.
L'inconscient collectif enfin est comme un champ où tous les points sont
reliés, c'est-à-dire que les archétypes et les instincts sont tous dits
« contaminés » : un mythe a des motifs appartenant à d'autres mythes
proches, ce qui forme un réseau dense où chacun se tient et conditionne
les autres. Les images mythiques sont sous forme de chaîne
multidimensionnelle, mise en évidence par Marie-Louise von Franz. Les recherches les plus spéculatives de Jung, notamment sur la synchronicité, dans La Synchronicité comme principe d'enchaînement a-causal
(1952), posent l'hypothèse que la nature de cette couche de
l'inconscient collectif et des archétypes est « psychoïde » (« comme
l'âme »), c'est-à-dire qu'ils échappent à la représentation (au
contraire des phénomènes psychiques connus) et qu'ils participent d'une
transgression des limites matière-esprit.
Le Soi
Article détaillé : Soi (psychologie).
Le terme de « Soi » (« Selbst ») est le plus difficile d'approche au sein de la psychologie analytiqueF 11. Jung en parle dès l'ouvrage Métamorphoses de l'âme et ses symboles (1912). Il utilise ce terme dans le sens d'un concept mais il en fait par la suite l'un des piliers de sa théorie. En psychanalyse traditionnelle c'est notamment Heinz Kohut qui l'a théorisé et développé, mais dans une acception narcissique.
Jung utilise le « Soi » pour désigner l'archétype qui structure la
psyché. Le retrouvant dans toutes les mythologies et religions du monde,
il s'agit d'un archétype central représentant la relation dynamique qui
existe entre la conscience et l'inconscient. Jung dit du Soi qu'il est « une entité sur-ordonnée au Moi »E 13,
c'est-à-dire qu'il est un lieu psychique inhérent à la structure
inconsciente. Il a pour fonction de réaliser l'être et de maintenir le
contact des différentes couches psychiques entre elles : « Le
Soi est la donnée existant a priori dont naît le Moi. Il préforme en
quelque sorte le Moi. Ce n'est pas moi qui me crée moi-même : j'adviens
plutôt à moi-mêmeE 14 ». Jung demeure toutefois conscient de la réalité anthropomorphique de ce conceptE 15.
Il traduit l'expérience de la totalité, la capacité de représentation
de la totalité, autant que le processus psychique qui va dans le sens
d'une conscience englobant de plus en plus d'éléments inconscients. Le
Soi intervient dans le processus d'individuation enfin. Il est le concept le plus repris et le plus développé par les continuateurs de Jung. Marie Louise Von Franz
estime ainsi qu'il est l'archétype ordonnateur de tous les autres,
celui qui possède en soi la structure de la psyché et ses plans
architectoniques alors que Michael Fordham appelle « soi primaire »
l'état où la différenciation psycho-corporelle n'existe pas encore dans
le développement de l'enfant. En tant que représentation de la totalité
psychique, le Soi est nécessairement paradoxal et est « à la fois la quintessence de l’individu et une entité collective », un espace a-moral comme l'est l'inconscientE 16. Le Soi est un archétype universellement représenté, à travers une symbolique de la Totalité et de la Quaternité : « Vivant
en Occident, j'aurais dû dire le Christ, au lieu du Soi ; dans le
Proche-Orient, ce serait approximativement Chadir ; en Extrême-Orient,
Atman, Tao ou Bouddha ; dans le Far West, lièvre ou mondamine ; et dans
le monde de la Cabale enfin, Tifereth »E 17.
La synchronicité
Article détaillé : Synchronicité.
Carl Gustav Jung proposa de nommer « synchronicitéI 37 » l'occurrence simultanée de deux événements qui ne présentent pas de rapport de causalité
mais dont l'association prend un sens pour la personne qui les éprouve.
Le concept n'a de sens qu'au sein de la psychologie et ne peut être
réduit à un fait avéré et scientifique dans la mesure où il constitue
pour Jung une hypothèse de travail qui a causé de nombreuses
ambiguïtés : « J'emploie donc ici le concept
général de synchronicité dans le sens particulier de coïncidence
temporelle de deux ou plusieurs événements sans lien causal entre eux et
possédant un sens identique ou analogue. Le terme s'oppose à
« synchronisme » qui désigne la simple simultanéité de deux évènements.
La synchronicité signifie donc d'abord la simultanéité d'un certain état
psychique avec un ou plusieurs événements parallèles signifiants par
rapport à l’état subjectif du moment, et - éventuellement - vice-versa »31. Le concept est parmi les plus développé par les continuateurs de Jung, par Michel Cazenave, Carl Alfred Meier et James Hillman principalement, mais il a aussi été récupéré par divers courants de spiritualité qui en retirent la rigueur scientifiqueA 5.
Selon Jung, un archétype constellé dans l'inconscient peut, sous
certaines conditions, transgresser la frontière matière/psyché. Jung a
étudié ces phénomènes avec le physicien Wolfgang PauliI 38, au travers d'une correspondance nourrie des apports des deux spécialistes ainsi que dans leur essai commun : La Synchronicité, principe de relation a-causale (1952)32.
Les deux hommes voient dans la synchronicité la possibilité
d'explication d'un rapport des faits « non constatables en soi », et
donc l'apparition est liée aux manifestations de l'inconscient et des
archétypesE 18. Jung appelle Unus mundus (terme provenant de SchopenhauerI 39)
cet état où ni la matière ni la psyché ne sont distinguables alors que
Pauli voit lui un concept limite, double : à la fois scientifique et
symbolique. Selon lui, le phénomène dépend de l'observateur33. Néanmoins, tous deux se rejoignent sur la possibilité d'une conjonction de la physique et de la psychologie : « Ces
expériences [celles de Jung sur l'alchimie] m'ont montré que la
physique moderne est capable de présenter sous une forme symbolique les
processus psychiques jusque dans les moindres détailsE 19. »
Les processus psychiques
La psychologie analytique distingue deux types de « processus
psychiques » : ceux provenant de l'individu, dits « personnels »,
appartenant à la psyché subjective, et ceux collectifs, liés à la
structure même de la psyché objective, appelés « transpersonnelsH 1 ». Ces processus sont tous archétypiques.
Certains sont particulièrement liés à la conscience comme l'anima, la
persona ou l'ombre, les autres sont davantage collectifs. Jung nomme ces
premiers les « personnages » car ils sont toujours personnifiés et représentent un aspect de la psyché.
Les archétypes contra-sexuels : l'anima et l'animus
L'anima chez l'homme et l'animus chez la femme sont les archétypes du sexe opposé ;
c'est pourquoi Jung nomme ce couple « contra-sexuel ». Ils ont une
fonction de régulation ou d'adaptation et contiennent une certaine
charge psychique les rendant relativement autonomes au MoiF 12.
L’anima est ainsi une image innée de la femme chez l’homme (c'est la
part féminine de l’homme) alors que l’animus est une image innée de
l’homme chez la femme (c'est la part masculine de la femme). Tous deux
sont perçus dans les rêves et se distinguent des autres archétypes
personnels par la charge émotionnelle qu'ils véhiculent. Leur intégration
permet de relier le conscient à l'inconscient et forme le travail
préliminaire de l'individuation. Pour Jung, tout homme a une image (ou
« imago »)
psychique de la femme, représentant dans sa psyché personnelle sa
propre relation avec l'inconscient. C'est pourquoi, pour les hommes,
l'anima représente les sentiments et les affects. Cette dernière ne
renvoie pas à l'Œdipe freudien : il s'agit d'une fonction psychique personnifiée (celle de la relation du Moi masculin à l'inconscient) qui a pour but de compenser la conscienceE 20. Contrairement à l'anima, l'animus féminin n'est pas unique mais multipleE 21.
Chez la femme, il est à l'origine de comportement et de paroles acerbes
et magistrales, péremptoires. Ces deux archétypes peuvent « fasciner »
le Moi, c'est-à-dire l'envahir psychiquement. Jung parle alors de
« possession par l'animus ou l'anima » lorsque l'un ou l'autre envahit
le champ du conscient. L'étude des manifestations de l'anima ou de
l'animus a donné lieu à une littérature analytique abondante, d'Emma Jung (La Légende du Saint Graal, 1988) à Marie Louise von Franz (La Femme dans les contes de fée, 1979), de Clarissa Pinkola Estés (Femmes qui courent avec les loups, 1996) à Annick de Souzenelle (Le Féminin de l'Être. Pour en finir avec la côte d'Adam, 1997).
La persona
Article détaillé : persona.
La persona permet d'afficher un Moi social, en ce sens cet archétype permet de réguler l'influence extérieure sur la personnalité.
Comme l'anima et animus, la persona (terme provenant du nom grec du masque
du comédien) est un autre concept clé de la psychologie analytique
désignant la part de la personnalité qui organise le rapport de
l'individu à la société et présent de la même façon chez les deux sexesF 10 : « La
persona est le système d'adaptation ou la manière à travers lesquels on
communique avec le monde. Chaque état, ou chaque profession, par
exemple, possède sa propre persona qui les caractérise (...) Mais le
danger est que l'on s'identifie à sa persona : le professeur à son
manuel, le ténor à sa voix. On peut dire, sans trop d'exagération, que
la persona est ce que quelqu'un n'est pas en réalité, mais ce que
lui-même et les autres pensent qu'il est »D 4.
Le concept de persona, au sein de l'écologie psychique, s'oppose donc à
l'ombre, qui est la véritable personnalité mais reniée par le Moi. Le
Moi conscient s'identifie
tout d'abord avec la persona au cours du développement de l'enfant.
L'identification aux diplômes, au rôle social, au titre honorifique, à
la carrière par exemple, est autant d'éléments qui participent à la
constitution de la persona et qui, à terme, constituent une voie
d'ignorance de soi. Pour Jung, la persona n’a rien de réel, elle n’est
qu’un compromis entre l’individu et la société donnant l’illusion de l’individualité.
L'individuation doit, dans un premier temps, permettre à l'individu de
dévêtir se masque, sans trop d'empressement néanmoins car souvent il est
le seul moyen d'identification du patient.
L'enfant intérieur
Article détaillé : Enfant intérieur.
L'enfant divin (ou « fripon divin »), l'enfant intérieur, puer aeternus (« enfant éternel » en latin), l'enfant éternel ou encore trickster
représente l'archétype de la part enfantine qui existe en chaque
adulte, quel que soit le sexe. Jung développa cette instance psychique
avec Paul Radin et Károly Kerényi dans Le Fripon divin : un mythe indien et dans Introduction à l'essence de la mythologie. Paul Radin le définit comme un des mythes centraux de l'humanité : « Il
n'est guère de mythe aussi répandu dans le monde entier que celui que
l'on connaît sous le nom de « mythe du Fripon » dont nous nous
occuperons ici. Il y a peu de mythes dont nous puissions affirmer avec
autant d'assurance qu'ils appartiennent aux plus anciens modes
d'expression de l'humanité ; peu d'autres mythes ont conservé leur
contenu originel de façon aussi inchangée. (...) Il est manifeste que
nous nous trouvons ici en présence d'une figure et d'un thème, ou de
divers thèmes, doués d'un charme particulier et durable et qui exercent
une force d'attraction peu ordinaire sur l'humanité depuis les débuts de
la civilisation »E 22. Selon sa relation à l'ombre, le fripon divin connaît quelques variantes, bénéfiques ou maléfiques comme la fée, le lutin ou le gnome. Le mythe du petit personnage farceur a été défini par Radin comme étant la figure de l'archétype du trickster, Kokopelli chez les Amérindiens (littéralement : « farceur »), petit personnage mythique présent dans toutes les cultures.
L'Enfant divin est souvent, dans la mythologie, lié au thème du jeu.
L'ombre
Article détaillé : Ombre (psychologie analytique).
L'ombre est l'archétype de la partie inférieure de la personnalité,
la somme de tous les éléments psychiques personnels et collectifs qui,
incompatibles avec le Moi n'ont pas été vécus ou acceptés moralementF 13.
Ils forment donc dans l'inconscient de l'individu, quel que soit son
sexe, une personnalité souvent autonome et opposée au conscient. L'ombre
se comporte toujours de façon compensatoire, elle a pour but de limiter
le Moi dans son désir de contrôle, et de lui rappeler l'existence d'une
part de la personnalité enfouie à cause de l'éducation et de la
socialisation. Le personnage de l'ombre est souvent dans les rêves
figuré sous les traits du double, bénéfique ou maléfique, ou du héros et de l'anti-héros, du traître également (Judas pour Jésus Christ par exemple). Jung y voit un archétype, celui de l'« éternel antagoniste » personnifié le plus souvent par les avatars du Diable.
Dans la thérapeutique jungienne, l'ombre doit être acceptée puis
intégrée à la psyché car elle est à l'origine de nombreux conflits
psychiques, tant interne qu’externe, en même temps qu'elle impose au
sujet de se confronter à ce qu'il veut ignorer de lui-même, et que de
cette confrontation naît une forme d'éveil34.
Les archétypes
Article détaillé : Archétype (psychologie analytique).
Avec le concept d'inconscient collectif,
auquel il est étroitement lié, celui d'archétype (« grandes images » au
sens étymologique) est fondamental dans la compréhension de la
psychologie analytiqueF 5. Jung emploie parfois l'expression d'« images primordiales » ou de patterns of behaviour (« schéma de comportement »)E 23 de manière synonymique car l'archétype est inhérent à la structure neuronale
et conditionne la représentation humaine. L'archétype est un complexe
psychique autonome siégeant dans l'inconscient des civilisations, à la
base de toute représentation de l'homme sur son univers, tant intérieur qu'extérieur : ils sont « les fondements de la part collective d'une conception »D 5.
L'archétype se démarque par une intense charge émotionnelle et
instinctuelle dont la rencontre teinte la vie de l'homme qui y est
confronté de manière existentielle : « L'expérience
archétypique est une expérience intense et bouleversante. Il nous est
facile de parler aussi tranquillement des archétypes, mais se trouver
réellement confronté à eux est une tout autre affaire. La différence est
la même qu'entre le fait de parler d'un lion et celui de devoir
l'affronter. Affronter un lion constitue une expérience intense et
effrayante, qui peut marquer durablement la personnalité »E 24.
Les archétypes, dont il est erroné, pour Jung, de croire en dresser la
liste, sont à la source de tous les mythes et parfois dominent même les
nations ou les religions, qui y trouvent leurs terreaux de croyances.
Jung a ainsi parler du nazisme comme un assujettissement à l'archétype
païen relatif au dieu nordique Wotan, expliquant le débordement d'agressivité et la fascination exercée par Hitler.
Jung nomme également l'archétype comme des structures imaginales
immuables dans l'histoire et les civilisations telles la forêt et la mer
pour l'inconscient, le père-soleil, la mère-Terre, le mariage sacré (hiérosgamos en grec), le dragon, l'arbre de vie, l’unus mundus, etc. Le débat sur le caractère héréditaire
des archétypes est récurrent au sein de la psychologie jungienne, même
si Jung a toujours refusé d'en faire des éléments hérités biologiquementE 25.
L'individuation
Article détaillé : Individuation (psychologie analytique).
L'individuation est le processus complexe qui passe par différentes
étapes de prise de conscience formées de la confrontation et de
l'intégration des contenus inconscients. Il s'agit du concept central de
la psychologie analytiqueF 11,G 7, développé dès 1916, puisqu'il est le but de la psychothérapie jungienne, dans la mesure où il permet de réaliser le SoiL 5 : « L'individuation n'a d'autre but que de libérer le Soi, d'une part des fausses enveloppes de la persona, et d'autre part de la force suggestive des images inconscientes »E 26. L'individuation est donc le processus initiatiqueL 6 que doit emprunter l'analysé pour intégrer les autres instances de la psyché : la persona qui représente l'identification de la personne avec son rôle dans la société, l'ombre qui contient tout ce que la personne juge moralement répréhensible, l'anima (pour les hommes), ou l'animus
(pour les femmes), qui représentent respectivement les valeurs
féminines et masculines. Pour Jung nombre de conflits inconscients à
l'origine de troubles névrotiques résultent de la difficulté à accepter
cette dynamique qui vient décentrer le sujet conscient de sa position
habituelle et le confronter à des parts de lui-même qu'il avait
l'habitude d'ignorerF 14.
La personnalité et la typologie
Le modèle explicatif des types
Article détaillé : Type psychologique.
Les types psychologiques sont la contribution majeure de la
psychologie analytique aux sciences humaines. Débordant le cadre
expérimental pour développer une théorie de la personnalité, Jung met en évidence, dans son ouvrage fondateur : Les Types psychologiques, dès 1911, trois grandes paires de caractéristiques de la psyché humaine, caractéristiques qu’il fonde à la fois sur sa pratique de la psychanalyse mais aussi sur une étude de la différenciation psychologique au cours des différentes époques pré et post-chrétiennesG 19. Constatant l'utilisation abusive de sa typologie, qui tranche définitivement avec la caractérologie traditionnelle (il s'agit de mécanismes, non de caractèresC 1), il développe dans l'ouvrage L'Homme et ses symboles
une mise en garde : si l'homme de science peut schématiser ainsi la
personnalité, il n'en demeure pas moins que le mélange réel ne peut être
réductible à une image aussi simplificatriceE 27,C 5.
Dans cette typologie, Jung distingue quatre fonctions dont deux sont
dites « rationnelles » car elles émettent un jugement soit de l'ordre de
la logique (fonction PenséeN 1), soit de l'ordre de l'affectif (fonction SentimentC 6).
Les deux suivantes sont dites « irrationnelles » car elles se fondent
sur une perception soit de l'ordre global des choses perçues sans en
voir le cheminement (fonction IntuitionC 7) soit de l'ordre de la perception corporel immédiate (fonction SensationC 8). Chaque individu possède les quatre fonctions à des degrés d'évolution différents, en raison de l'influence de l'éducation et de la socialisationG 20.
La fonction principale sera la plus consciente, à la disposition de la
volonté mais toutes sont des fonctions d'adaptation au réelG 21.
C'est la plus développée, celle avec laquelle l'individu est le plus à
l'aise pour se diriger dans le monde et s'y adapter. Deux autres
fonctions plus ou moins développées, dites « auxiliaires », antagonistes
de celles conscientes puisqu'elles s'opposent nécessairement deux à
deux. Elles plongent dans l'inconscient personnel, d'où elles peuvent
constituer des refoulements ou s'allier à des complexes psychiques.
Les quatre fonctions de la personnalité selon la psychologie analytiqueC 9.
À cette première grille de lecture, Jung y sur-ordonne deux « attitudes » : l'extraversionC 10, qui est le mouvement de la libido vers l'extérieur et qui se réfère à l'objet et l'introversionC 11
qui est elle le mouvement de la libido tournée vers l'intérieur et dont
le point de départ est le sujet. Ainsi Jung dessine, à partir de ces
quatre fonctions et de ces deux attitudes, et selon leur degré de
conscience et de dominance sur le sujet, un certain nombre de types
psychologiques expliquant notamment les conflits de personnes (un
introverti face à un extraverti) ou les passions personnelles (un type
Pensée deviendra scientifique). Ce modèle eut une forte influence sur
les théories managériales, à travers le Myers Briggs Type Indicator et la vision socionique, mais aussi en développement personnel, en graphologie.
Deux développements : le MBTI et la socionique
Articles détaillés : Myers Briggs Type Indicator et socionique.
Isabel Briggs Myers et Katherine Cook Briggs,
sa mère, sont deux américaines et analystes jungiennes qui dans les
années 1950 ont développées l'approche de Jung, en élaborant un
questionnaire psychométrique pour faciliter l'application et la
démocratisation de la théorie, son utilisation également dans le monde
du travail. Le test du MBTI
identifie alors 16 grands types de personnalité à partir des deux
préférences possibles sur chacune des quatre dimensions précédentes. Il
détermine alors des « préférences individuelles » et quatre
« tempéraments » qui forment les catégories de personnes, notamment au
travail. Myers et Briggs ont ainsi créé leur fondation35, dispensant des formations. Parallèlement, dans le monde soviétique, mais accessible seulement depuis les années 1990, Aushra Augustinavichute, une lituanienne, élabore la socionique36
qui modélise la personnalité, sur la base des types psychologiques de
Jung, selon 16 types, en huit paires des types complémentaires, aussi
appelés duals. Avec Antoni Kępiński, elle développe les sociotypes utilisés aujourd'hui dans le management et dans le marketing
pour approcher les comportements du consommateur. La socionique est un
modèle stipulant que chacun des seize types psychologiques possèdent un
rôle social plus ou moins déterminé. Chaque personne accepte et produit
de l’information de manière différente selon son type, ce qui génère des
comportements différents selon les types. Il est ainsi possible de
pronostiquer les tendances des relations entre les gens, notamment dans
certains milieux comme la famille ou le travailJ 5.
Les complexes
Article détaillé : Complexe (psychologie).
Alors psychiatre à la clinique universitaire de Zurich, accompagné de Franz Riklin, Jung élabore une théorie générale des complexes psychiques, colligée sous le titre Experimentelle Untersuchungen über die Assoziationen Gesunder. Il est ainsi l'inventeur du terme et est à l'origine de son adoption en psychanalyseG 22. Le complexe (gefühlsbetonte Komplexe en allemand)N 5 » désigne les fragments psychiques à forte charge affective, séparés du conscient et constitués « d'un élément central et d'un grand nombre d'associations secondaires constellées »D 6. Les indices de complexes sont ainsi nombreux : pouls, transpiration, temps de réponse, etc.G 23.
Il s'agit d'un nœud psychique de pulsions s'agglomérant dans
l'inconscient et influençant le conscient. Néanmoins, de manière
parallèle à l'opposition inconscient personnel / inconscient collectif,
Jung distingue deux types de complexes : les « complexes
supra-personnels » liés à des archétypes et symbolisant leurs influences
sur le conscient et les « complexes personnels », qui sont nés des
collisions avec la disposition instinctive généraleE 28.
Une fois autonomes, les complexes sont personnifiés dans l'inconscient
et apparaissent sous des formes symboliques dans les rêves notammentG 24.
Les instincts
Les instincts
sont des données objectives, naturelles, ancrées dans la biologie et
dans le vivant, qui insufflent aux archétypes leur énergie psychiqueJ 6. Jung en dénombre sept : la sexualité (en cela il s'oppose à Freud
qui en fait l'instinct premier), la faim, la soif, le sommeil, la
créativité, le religieux et la volonté de puissance enfin. Dans la
psychologie analytique, l'instinct et son image sont liésE 29. Ainsi, « l'instinct
agit et, en même temps, forme une image de son action. Les images
déclenchent des actions, et les actions sont structurées par les
images » explique James Hillman37 qui ajoute : « les images relèvent du même continuum que l'instinct ». L'instinct est donc à la source de toute conscience et de toute inconscience, de toute réalité psychique. Il possède donc un dynamisme et une image instinctuelleJ 7.
Ils forment en quelque sorte le contenu ou le thème (mot que Jung
reprend souvent, de manière synonyme) de l'archétype, au-delà de sa
forme symbolique
et c'est pour cette raison qu'ils sont considérés au sein de la
thérapie jungienne car ils renseignent sur l'attitude du conscient face
aux nécessités biologiquesJ 8. Dans tous les cas, les archétypes et leurs dynamiques font qu'ils sont souvent confondus avec les instincts même si « les
structures archétypes ne sont pas des formes statiques. Ce sont des
éléments dynamiques, qui se manifestent par des impulsions tout aussi
spontanément que les instincts »E 30.
La psychothérapie analytique
Article détaillé : Psychothérapie psychanalytique.
La psychologie analytique s'est nourrie principalement des cas d'analyses,
d'abord conduites par Jung, puis par ses continuateurs. Les
psychothérapeutes d'inspiration analytique n'ont en effet jamais cessé
de pratiquer l'analyse parallèlement à ses recherches. Rattachée aux
« psychothérapie d'inspiration psychanalytique » (PIP),
la démarche dite « jungienne » diverge néanmoins de l'analyse type de
Freud, par le cadre éthique qu'elle instaure, et par les techniquesI 40 mises en œuvre.
Le cadre thérapeutique et éthique
Déontologie et conduite de l'analyse
Formellement, l'analyse jungienne diffère peu de celle de la psychanalyse traditionnelle. Elle porte en effet sur un nombre de séances hebdomadaires allant de une à deux et sur une méthode de discussion, d'élaboration et d'abréaction semblable, et dure en moyenne trois ansF 8.
Néanmoins la position spatiale de l'analyste et de l'analysé diffère ;
ceux-ci sont en effet face-à-face et le thérapeute jungien n'a pas
recours à un divan.
Des éléments non analytiques peuvent prendre place, tels que la suggestion ou l'imagination active, le jeu de sableA 6, la peinture
ou toute autre forme de créativité. L'entretien peut-être parfois
semi-directif (alors que la cure psychanalytique est un entretien
non-directif)F 15. L'individu est au centre de la thérapie, comme l'explique Marie-Louise Von Franz dans Psychothérapie. L'expérience du praticien, ouvrage dans lequel elle récapitule la pensée de Jung sur ce point. Le transfert
est recherché (au contraire de la cure psychanalytique, qui en
distingue des hostiles) et l'interprétation des séries de rêves est l'un
des piliers de la thérapie jungienne. Pour le reste, les règles
s'apparentent à la psychanalyse classique : l'analyste examine l'association libre
et vise la neutralité et l'éthique, celle-ci étant entendue comme le
respect du rythme de développement du patient. En effet, l'analyse
jungienne ne vise pas seulement et uniquement l'examen du passé du patient,
mais a pour tâche de reconnecter la conscience avec l'inconscient et
ainsi permettre une adaptation avec la vie sociale et émotionnelle.
La névrose
est en effet pour Jung le symptôme non d'un retour du refoulé mais
d'une incapacité éthique et fonctionnelle, parfois somatique, à faire
face à la réalité. L'inconscient
est, dans l'analyse jungienne, la source de l'éthique et elle a pour
tâche de mettre à la conscience l'entière personnalité du patient,
d'autant plus que « les processus inconscients
mis en jeu dans le transfert induisent une relation de dépendance de
l’analysant qui perd ses défenses et ses repères habituels. Ceci demande
que l’analyste soit le garant de la relation transférentielle »38. C'est pourquoi les analystes jungiens doivent avoir une solide culture générale, notamment en histoire des symboles. Leur formation est longue (trois années après la formation initiale de psychiatre, en général). En France par exemple, la Société française de psychologie analytique forme les analystes d'obédience jungienne39.
« Travail intérieur » et individuation
La psychothérapie issue de la psychologie analytique repose sur les
postulats décrits par Jung, considérés comme des concepts opérants et
mis en cohérence par le « travail intérieur », c'est-à-dire l'individuationK 10. « Chaque vie est un déroulement psychique » indique Jung, et il précise que « La tâche la plus noble de l’individu est de devenir conscient de lui-même ». La thérapie jungienne se concentre donc surtout sur l'individuation, et non sur la cure des symptômes immédiats comme la névrose ; elle se veut une thérapie « synthétique-herméneutiqueF 16 ».
Pour la psychologie analytique, la thérapeutique s'enracine dans le vécu et le quotidien du patient : « La
psychanalyse et vie ne sont pas séparées. Quand une analyse authentique
s’est déroulée, l’individu devient apte à entretenir avec son
inconscient, tout au long de sa vie, une relation, un dialogue dans
lequel le moi laisse advenir ce qui émerge de l’inconscient, le
considère attentivement, s’y confronte et l’évalue. Ce n’est qu’à
l’issue de ce processus qu’une position de sujet peut apparaître »40.
Si la plupart des continuateurs de Jung mettent en œuvre une
psychothérapie similaire à la sienne, quelques-uns en mettent en cause
certains points. James Hillman,
par exemple, se focalise davantage et exclusivement sur l'émotion
véhiculée par l'image, se passant de toute interprétation littérale et
intellectuelle. D'autres se concentrent sur l'enfant exclusivement,
comme Clifford Mayes, en utilisant la catharsis.
Techniques mises en œuvre : imagination active et dialogue intérieur
Articles détaillés : Imagination active et Dialogue intérieur.
L'imagination active est une méthode qui permet de donner une forme
sensible aux images de l'inconscient et de s'y confronter dans le cas où
est ressentie une perturbation émotionnelle, permettant ainsi un
élargissement de la conscienceH 3. Elle consiste ainsi à fixer son attention sur cette émotion, et, plus généralement, sur les fantasmes
inconscients portés à la conscience, puis de les laisser se développer
librement, sans que la conscience n'interfère. L'utilisation de
techniques artistiques est recommandéeF 17. Elle conduit donc à « relier les plans conscients et les plans inconscients »J 9 ou à donner vie aux images spontanéesG 25.
Le dialogue intérieur est la seconde technique utilisée en
psychothérapie jungienne ; c'est une méthode très similaire à celle de
l'imagination activeJ 10. L'analyste jungien Anthony Steven explique que le dialogue intérieur permet de représenter les archétypes sous les traits de figures autonomes personnifiées qu'il nomme daimon41. Charles Baudouin en fait une « variante » de l'imagination activeG 26, qui représente ce « théâtre intérieur » de la psychéG 27 et de l'être. Le dialogue intérieur est devenu un outil de développement personnel grâce à Hal Stone et Sidra Stone, un couple d’analystes américains d’inspiration jungienne. Ils en ont fait une thérapie brève à part entière dont « l’objectif
est de mieux se connaître en donnant la parole aux sous-personnalités
contraires (ou « voix ») et contradictoires qui nous habitent et que
nous brimons »42.
Critiques de la psychologie analytique ou critique ad hominem de Jung ?
Article détaillé : Critique de la psychologie analytique.
La psychologie analytique est, dès sa fondation, l'objet des critiques venant de la sphère psychanalytique ; Sigmund Freud, en premier lieu, voit en l'œuvre de Jung celle « d'un mystique et d'un snob ». Les tenants du freudisme multiplièrent durant tout le XXe siècle les critiques, portant principalement sur le caractère mystique des écrits de Jung. D'autres analystes, en particulier des praticiens jungiens, dénoncent le « culte de la personnalité » autour du psychiatre suisse. Enfin, sa collusion avec le nazisme, durant la Seconde Guerre mondiale, demeure l'une des polémiques les plus récurrentesA 7.
Richard Noll et la « prophétie » de C. G. Jung
La critique du psychiatre américain Richard Noll, qui publie deux ouvrages (Le Culte de Jung, 1994 et Le Christ aryen,
1997) examinant l'ambivalence du personnage de Jung, est la plus acerbe
à l'encontre des collusions du psychiatre suisse. Son argumentation
assimile Jung à un gourou aux délires de grandeurs et pétri de théories
racistes et nazies, promoteur d'un christianisme intégriste. Selon lui, Jung est en réalité un « prophète völklich »43 qui, se faisant toutefois passer pour chrétien, œuvre pour le retour du paganisme. Ainsi, derrière l'arrière-plan des accusations de collusion avec le nazisme, critique qui existe également chez Ernest Jones44,
ce que reproche Noll, c'est la tentative que Jung a selon lui
entreprise, via le culte de sa personne comme modèle et prophète, à
savoir restaurer le paganisme : « De
même que Julien, Jung se présenta pendant de nombreuses années comme
chrétien, alors qu’il pratiquait le paganisme dans l’intimité »43.
Noll considère aussi que Jung est un habile menteur n'ayant jamais cru à
ses concepts originaux, œuvrant pour la déconfiture du monde
religieux : « je suis convaincu – et c’est l’un
des arguments de cet ouvrage – que Jung a fabriqué délibérément, et
quelque peu trompeusement, ce masque du vingtième siècle pour rendre sa
vision du monde magique, polythéiste et païenne plus acceptable à une
société laïcisée, conditionnée à ne respecter que les idées d’apparence
scientifique »43.
Néanmoins, ces ouvrages sur Jung sont considérés par la plupart des psychologues et historiens de la psychanalyse comme des attaques personnelles. Élisabeth Roudinesco notamment argumente : « Même
si les thèses de Noll sont étayées par une solide connaissance du
corpus jungien (…), elles méritent d’être réexaminées, tant la
détestation de l’auteur vis-à-vis de son objet d’étude diminue la
crédibilité de l’argumentation »45. Richard Noll affirme également que dans la fameuse tour de Bollingen, Jung, franc-maçon, fait représenter un certain nombre « d'outils et de symboles maçonniques et alchimiques »K 11.
Critique du « culte de la personnalité » de C. G. Jung
L'analyste jungien américain Andrew Samuels dans Jung and the PostJungiansK 12
explore le milieu de la psychologie analytique, éclairant les
nombreuses dissensions internes autour de concepts clés de Jung mais en
raison des divergences de personnes égalementA 8. Dans Controversies in Analytical Psychology, Robert WithersK 13 examine la prépondérance de la figure de Jung sur la psychologie analytique, ce qui aboutit à un véritable culte de la personnalité.
Lors de la fondation du Club de psychologie de Zurich, explique-t-il,
les critiques quant à ce culte autour de Jung existent déjà. Hans Rudolf
Wilhelm, suivant Oskar Pfister, prétend que Jung a accumulé autour de lui une « mafia pour anéantir Franz Riklin », son premier partisanI 41. Plus tard, en 1948, Medard Boss et Hans Trüb se démarquent aussi de l'approche jungienne originelleI 42.
Sigmund Freud ainsi que ses partisans ont été les critiques principaux de la psychologie analytique.
Critiques venant de la psychanalyse freudienne
Du point de vue psychanalytique, nombre d'analystes continuateurs de Freud
se sont prononcés sur le « cas de Jung ». Dominique Bourdin, agrégé de
philosophie et docteur en psychopathologie et psychanalyse, stigmatise
Jung dans La Psychanalyse, de Freud à aujourd'hui : « Renonçant
aussi bien à l'importance de la sexualité infantile qu'au rôle
organisateur de la crise œdipienne dans l'histoire singulière de chaque
individu, Jung est sorti de la psychanalyse – même s'il continue à
utiliser ce terme, désormais compris comme analyse de contenus
psychiques généralement inconscients (...). Peut être est-ce un prophète
du « retour du religieux », indépendamment des Églises traditionnelles,
et en précurseur du courant spirituel du New Age,
selon lequel nous entrons désormais dans « l'ère du Verseau », que nous
pourrions le décrire le plus adéquatement. Ce faisant, il a
délibérément quitté le terrain des sciences humaines et de la pensée
rationnelle »46.
Karl Abraham
est le premier à établir, alors que Jung était encore rattaché
officiellement à Freud, une critique argumentée. Dans son écrit
« Critique de l'essai d'une présentation de la théorie psychanalytique
de C. G. Jung », Karl Abraham s'attaque aux postulats de la psychologie
analytique. Il dénonce le « délayage de l'inconscient » opéré par le psychiatre suisse. La « teinte religieuse » du concept, qui devient dès lors un « arrière-plan mystique » fait de Jung un « théologien » et non plus un psychanalyste. Cette critique est récurrente dans la littérature psychanalytique47.
Yvon Brès explique quant à lui que le concept jungien d'inconscient collectif « témoigne
également de la facilité avec laquelle on peut glisser du concept
d'inconscient psychologique vers des perspectives relevant d'un univers
de pensée étranger à la tradition philosophique et scientifique dans
laquelle ce concept est né »48. La seconde génération de psychanalystes freudiens, représentée par Donald Woods Winnicott ou Jacques Lacan par exemple, perpétuent la critique. La synthèse critique est réalisée par Edward Glover, continuant celle d'Ernest Jones, dans l'ouvrage Freud ou Jung (1941)A 9.
Au XXIe siècle, Alain Amselek, dans Le Livre Rouge de la psychanalyse,
critique la tendance de Jung à être fasciné par l’image et à réduire
l’humain à l’archétype. Il montre que Jung vit dans le monde des Idées
et des abstractions, dans le monde des livres et des vieux secrets
perdus dans les grimoires. En fait d’empiriste, Jung est un idéaliste,
pur raisonneur, qui a su montrer les talents incontestables de son
intellect pour la spéculation et l’invention d’idées. Tout en se
recommandant d’une épistémologie
plus moderne et plus avancée que celle de Freud, Jung reste pris dans
son intellectualisme et dans un provincialisme étroit. Ses hypothèses
sont déterminées en fait par la conception du monde qui préexiste chez
lui et dont il a sans cesse cherché des confirmations dans les vieilles
traditions de l’Europe médiévale et occidentale49.
Références et sources
Principaux ouvrages de C. G. Jung utilisés
- « Le déplacement vers le conceptuel enlève à l'expérience sa substance pour l'attribuer à un simple nom », p. 171.
- p. 295.
- p. 158.
- Glossaire, entrée « Persona », p. 460.
- p. 394.
- Entrée « Complexe » du glossaire final, p. 454.
- p. 155.
- « La conscience n'est pas la psyché tout entière », p. 92.
- p. 87.
- p. 188.
- p. 97, note de Roland Cahen : cette représentation de quatre fonctions représente « le minimum auquel nous nous sommes structurellement adaptés ».
- p. 97.
- p. 96-97.
- p. 95.
- Représentation schématique inspirée de celle p. 104.
- p. 129.
- p. 130.
Autres ouvrages de C. G. Jung utilisés comme sources
- C. G. Jung, Correspondance, t. 3, 1950-1954, Albin Michel, 1994, p. Lettre du 14 mai 1950 à Joseph Goldbrunner.
- « Ce que Rousseau décrit n'est autre que la mentalité collective du primitif, que Lucien Lévy-Bruhl a excellemment désigné du nom de « participation mystique » », in C. G. Jung, Types psychologique, Georg, 1950, p. 85-86.
- « Le signe est toujours moins que le concept qu'il représente, alors que le symbole renvoie toujours à un contenu plus vaste, que son sens immédiat et évident. », in C. G. Jung, L'Homme et ses symboles, Robert Laffont, 1964, p. 55.
- C. G. Jung, Psychologie et Alchimie, Buchet/Chastel, 1970, p. 13.
- « Pour sauvegarder la stabilité mentale, et même physiologique, il faut que la conscience et l’inconscient soient intégralement reliés, afin d’évoluer parallèlement », in C. G. Jung, L'Homme et ses symboles, Robert Laffont, 1964, p. 52.
- C. G. Jung, Essai d’exploration de l’inconscient, Gallimard, 1988 (ISBN 978-2-07-032476-7), p. 43.
- « Dans l'enfance, elle s'éveille graduellement, et tout au long de la vie, elle s'éveille le matin, sort des profondeurs du sommeil, d'un état d'inconscience. Elle est comme un enfant qui naît quotidiennement du sein maternel de l'inconscient », in C. G. Jung, Essai sur la Symbolique de l'esprit, Albin Michel, 1991, p. 465.
- C. G. Jung, Réponse à Job, Buchel Chastel, 1994, p. 236.
- C. G. Jung, Sur l'interprétation des rêves, Albin Michel, 1998, p. 218.
- « C'est Sigmund Freud, qui le premier, a essayé d'explorer empiriquement l'arrière-plan inconscient de la conscience », in C. G. Jung, L'Homme et ses symboles, Robert Laffont, 1964, p. 25.
- C. G. Jung, Aïon : études sur la phénoménologie du Soi, Albin Michel, 1983, p. 19.
- « Je l'appelle « collectif » parce que, au contraire de l'inconscient personnel, il n'est pas le fait de contenus individuels plus ou moins uniques, ne se reproduisant pas, mais de contenus qui sont universels, et qui apparaissent régulièrement », in C. G. Jung, L'énergétique psychique, Georg, 1997, p. 99.
- C. G. Jung, Dialectique du moi et de l'inconscient, Gallimard, 1986, p. 140.
- « Le symbole de la transsubstantiation dans la messe », in C. G. Jung, Les Racines de la conscience, Le Livre de poche, 1971, p. 310.
- C. G. Jung, Un Mythe moderne, Robert Laffont, 1994, p. 243.
- « Ces qualités paradoxales du concept du soi sont conformes au fait que la totalité se compose de l'homme conscient, d'une part, et de l'homme inconscient, d'autre part. Or, on ne saurait définir ce dernier ou en préciser les limites. C'est pourquoi, dans son acception scientifique, le terme de « Soi » ne se réfère ni au Christ, ni au Bouddha, mais à l'ensemble des figures correspondantes, chacune d'elle étant un symbole du Soi », in C. G. Jung, Psychologie et Alchimie, Buchet/Chastel, 1970, p. 291.
- C. G. Jung, Un Mythe moderne, Robert Laffont, 1994, p. 242.
- « La psyché et la matière sont marqués par des principes ordonnants, communs, neutres, et « non constatables en soi » », in Correspondance Pauli-Jung, Albin Michel, 2007, p. 162.
- Correspondance Pauli-Jung, Albin Michel, 2007, p. 248.
- « L’anima compense le conscient masculin. Chez la femme l’élément de compensation revêt un caractère masculin, et c’est pourquoi je l’ai appelé l’animus », in C. G. Jung, Dialectique du moi et de l’inconscient, Gallimard, 1971, p. 214.
- « Si, chez l’homme, l’anima apparaît sous les traits d’une femme, d’une personne, chez la femme l’animus s’exprime et apparaît sous les traits d’une pluralité », in C. G. Jung, Dialectique du moi et de l’inconscient, Gallimard, 1971, p. 215.
- C. G. Jung et Paul Radin, Le Fripon divin : un mythe indien, Georg, 1997, p. 12.
- C. G. Jung, Correspondance 1950-1954, Albin Michel, 1994, p. 219-220.
- C. G. Jung, Sur l'interprétation des rêves, Albin Michel, 1998, p. 120.
- « On croit souvent que le terme « archétype » désigne des images ou des motifs mythologiques définis. Mais ceux-ci ne sont rien d'autre que des représentations conscientes : il serait absurde de supposer que des représentations aussi variables puissent être transmises en héritage. L'archétype réside dans la tendance à nous représenter de tels motifs, représentation qui peut varier considérablement dans les détails, sans perdre son schème fondamental. », in C. G. Jung, L'Homme et ses symboles, Robert Laffont, 1964, p. 67.
- C. G. Jung, Dialectique du Moi et de l'Inconscient, Gallimard, 1971, p. 117.
- C. G. Jung, L'Homme et ses symboles, Robert Laffont, 1964, p. 194-195.
- C. G. Jung, Un Mythe moderne, Robert Laffont, 1994, p. 220.
- « Il me faut ici préciser les rapports entre les archétypes et les instincts. Ce que nous appelons « instinct » est une pulsion physiologique, perçue par les sens. Mais ces instincts se manifestent aussi par des fantasmes, et souvent ils révèlent leur présence uniquement par des images symboliques. Ce sont ces manifestations que j'appelle des archétypes. Leur origine n'est pas connue. Ils réapparaissent à toute époque et partout dans le monde, même là où il n'est pas possible d'expliquer leur présence par des transmissions de générations en générations, ni par des fécondations croisées résultant de migrations », in C. G. Jung, L'Homme et ses symboles, Robert Laffont, 1964, p. 69.
- C. G. Jung, L'Homme et ses symboles, Robert Laffont, 1964, p. 76.
Autres sources bibliographiques
- Alain de Mijolla, Dictionnaire international de la psychanalyse, Hachette, 2005 (ISBN 978-2-01-279145-9).Entrée « Psychologie analytique »
- p. 794.
- p. 795.
- p. 794 : « Le processus aboutit à une synthèse qui inclut la perspective du conscient et celle de l'inconscient, mais sous une forme nouvelle et surprenante ».
- Henri F. Ellenberger, Histoire de la découverte de l'inconscient, Paris, Fayard, 2008 (ISBN 978-2-213-61090-0).le chapitre IX est consacré à Jung et à la psychologie analytique
- Elisabeth Roudinesco & Michel Plon, Dictionnaire de la psychanalyse, Paris, Fayard, 2011 (ISBN 978-2-253-08854-7).Entrée Jung
- p. 714.
- p. 723.
- p. 725.
- Voir le chapitre « Les sources de C. G. Jung », p. 750-755.
- p. 726.
- p. 714-715.
- p. 717.
- p. 740.
- Henri F. Ellenberger parle d'une approche révolutionnaire de la libido, p. 717.
- p. 727.
- p. 731.
- p. 728-729.
- p. 728.
- « Lorsque l'individuation est achevée, le moi n'est plus le centre de la personnalité », p. 732.
- p. 738.
- p. 736.
- p. 737.
- Charles Baudouin, L'Œuvre de Carl Jung et la psychologie complexe, Paris, Petite bibliothèque Payot, coll. « numéro 133 », 2002 (ISBN 978-2-228-89570-5)
- p. 14 : « c'est à la méthode des associations qu'il consacre ses conférences données devant le public américain »
- p. 15-16. C'est dans la seconde partie de l'ouvrage que la divergence s'accuse ; Freud indique ainsi à Ernest Jones que c'est à la page 174 de l'édition d'origine (page 241 de l'édition française de 1953) que, selon lui, Jung s'est « égaré ». Il s'agit de la conception élargie de la libido de Jung.
- p. 17. « Psychologie complexe » s'entend comme psychologie fondée sur une méthode et des concepts liés les uns aux autres au sein d'un système structuré et non au sens de complexes psychiques.
- p. 422-423. Baudouin précise qu'Alphonse Maeder est un chercheur indépendant qui, s'il s'est séparé de Freud, ne peut être réduit à être le simple disciple de Jung.
- p. 18.
- p. 37.
- p. 34.
- p. 424.
- p. 427.
- p. 429-30.
- p. 45.
- p. 459.
- p. 450-452.
- p. 432.
- p. 436.
- Baudouin dresse une liste non-exhaustive des thérapeutes influencés par la psychologie analytique, p. 457.
- p. 445.
- p. 116.
- Pour un résumé des typologies avant Jung sur lesquelles il s'est fondé pour élaborer ses types psychologiques, voir p. 189.
- « La fonction refoulée concerne l'abandon progressif d'une fonction, du fait de l'usage prépondérant de telle autre » ; Baudouin compare cela à la préférence pour une main plutôt que pour l'autre, p. 153.
- p. 151.
- « Il semble donc bien que l'école de Freud et celle de Jung s'accordent sur l'essentiel, quant à la nature et à la structure des complexes », p. 186.
- p. 173.
- p. 189.
- p. 312.
- p. 313.
- C. G. Jung, cité p. 313.
- Deirdre Bair, Jung. Une biographie, Paris, Flammarion, coll. « Grandes Biographies », 2007, 1312 p. (ISBN 978-2-08-210364-0).Traduction par Martine Devillers-Argouarc'h
- p. 91.
- Chapitre « L'homme au soleil phallique ».
- p. 359.
- p. 135.
- p. 173-177.
- p. 297.
- p. 161-162.
- p. 324-327.
- p. 328.
- p. 353.
- « C'est à cette époque que Zurich devint le berceau et le centre de diffusion de la technique que Jung désignait maintenant de plus en plus souvent sous le nom de « psychologie analytique » », p. 386-387.
- p. 359 et 373 notamment.
- p. 372.
- p. 379.
- Maeder est l'assistant de Jung depuis 1906 (p. 319) et l'épaule dans la direction de l'École de psychanalyse de Zurich (p. 353).
- p. 577.
- Deirdre Bair précise que ces psychiatres qui rompirent avec Freud faisaient remonter l'origine de leur groupe à la fin de l'année 1911, lorsque Bleuler avait réuni au Burghölzli un groupe informel, p. 388.
- Liste détaillée des membres de l'Association de Psychologie Analytique p. 391-395
- p. 390.
- Selon Deirdre Bair c'est la publication des Types psychologiques en 1921 qui propulse Jung au rang de plus sérieux concurrent de Freud, p. 436.
- p. 417.
- p. 815-816.
- p. 868.
- p. 840-841.
- p. 821.
- Sur leur rencontre voir : p. 257-258.
- p. 254-255.
- Voir les p. 64, 74, 76 et 395.
- Voir les p. 386 et 434.
- p. 105.
- « Jung a toujours reconnu que Janet avait fortement influencé sa carrière », p. 111.
- p. 882.
- Pour une explication des origines de la division sur le concept de libido, voir : p. 321-322.
- p. 348.
- Bair explique que Jung « avait constaté des parallèles dans leur pensée respective », p. 334.
- Pour l'attitude de Jung vis-à-vis de la religion chrétienne voir : p. 829.
- Jung évoque officiellement le concept lors d'une conférence à la mémoire de Richard Wilhelm en 1930, p. 831.
- p. 835. Pauli donne par ailleurs des conférences à l'Institut C. G. Jung de Zurich, dont il est membre bienfaiteur depuis 1947, p. 839.
- p. 839.
- p. 247. Deirdre Bair précise que Jung évite d'employer le mot de « technique » dans ses écrits, mais qu'il préfère parler « des procédés encourageant une dialectique active entre lui-même et son patient ».
- note no 20, p. 1102.
- p. 819-820.
- Aimé Agnel, Michel Cazenave, Claire Dorly et alii, Le Vocabulaire de Jung, Paris, Ellipses, coll. « Vocabulaire de... », 2005, 106 p. (ISBN 978-2-7298-2599-7)
- Entrée « Psychologie analytique », p. 71.
- Entrée « Psychologie analytique », p. 72.
- p. 75.
- Entrée « Rêve », p. 80.
- p. 99.
- Néanmoins il ne faut pas confondre archétypes et instincts, la différence venant que les premiers ont un caractère numineux au seuil de la conscience alors que les seconds sont liés au corps et en cela sont plus communs, entrée « Instinct », p. 55.
- Entrée « Instinct », p. 55.
- Entrée « Instinct », p. 56.
- Entrée « Fonction transcendante », p. 42.
- Entrée « Confrontation », p. 24.
- Luigi Aurigemma, L'Éveil de la conscience, Paris, L'Herne, coll. « Carnets », 2009 (ISBN 978-2-85197-446-4)
- p. 54.
- p. 19.
- p. 21.
- p. 96 et suivantes.
- p. 43.
- p. 35.
- Sigmund Freud, Contributions à l'histoire du mouvement psychanalytique in Cinq leçons sur la psychanalyse, Payot, coll. « Petite bibliothèque Payot », 1966 (ISBN 978-2-228-88126-5).traduit de l'allemand par Serge Jankélévitch, p. 69-149
- p. 96.
- p. 98.
- p. 100.
- p. 103.
- « Le mot « complexe », terme commode, souvent indispensable pour la description d'ensemble de situations psychologiques, s'est acquis droit de cité dans la psychanalyse », p. 99.
- (en) Thomas Kirsch, The Jungians: a comparative and historical perspective, Londres, Routledge, 2000, 276 p. (ISBN 978-0-415-15860-2) (LCCN 99056759)
- p. 6.
- p. 17.
- Chapitre 3 « Analytical psychology in the United Kingdom », p. 36.
- Chapitre 16 « Analytical psychology in Russia and Eastern Europe », p. 205.
- p. 10.
- Chapitre 19 « The history of Sandplay », p. 233-236.
- « Successive generations of Jungian analysts and analysands have wrestled with the question of Jung's complex relations to Germany », p. 244-245.
- p. 252-253.
- p. 36-37.
Sites internet d'associations de psychologie analytique
- (en) Site internet de la Pacifica Graduate Institute [archive]. Consulté le 25 décembre 2009.
- (en) Site internet du C. G. Jung Institue of New York [archive]. Consulté le 25 décembre 2009.
- (de) Site internet du C. G. Jung-Gesellschaft und Institut Stuttgart allemand [archive]. Consulté le 25 décembre 2009.
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- (de) Site internet du C. G. Jung-Gesellschaft Köln [archive]. Consulté le 25 décembre 2009.
- (en) (de) Site internet du C. G. Jung Institut de Küsnacht [archive]. Consulté le 25 décembre 2009.
- (de) Site internet du Internationales Seminar für Analytische Psychologie (ISAP) de Zürich [archive]. Consulté le 25 décembre 2009.
- (it) Site internet de l'Associazione Italiana di Psicologia Analitica [archive]. Consulté le 25 décembre 2009.
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- (fr) Site internet du Groupe d'Etudes C. G. Jung [archive]. Consulté le 25 décembre 2009.
- Site internet des Cahiers jungiens de psychanalyse [archive]. Consulté le 25 décembre 2009.
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- (fr) Site internet de l'École belge de psychanalyse jungienne (EBPJ) [archive]. Consulté le 25 décembre 2009.
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- (en) Site de l'OAJA canadienne [archive]. Consulté le 25 décembre 2009.
- (pt) Site internet de l'AJB brésilienne [archive]. Consulté le 25 décembre 2009.
- (pt) Site internet des Amigos de Jung [archive]. Consulté le 25 décembre 2009.
- (es) Site internet de la FPARA argentine [archive]. Consulté le 25 décembre 2009.
- (en) Site internet du CJP suédois [archive]. Consulté le 25 décembre 2009.
- (en) Site internet de la NIJS israélien [archive]. Consulté le 25 décembre 2009.
Autres sources utilisées
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- Ernest Jones (1961), p. 151.
- Karl Abraham (1969), « Critique de l'essai d'une présentation de la théorie psychanalytique de C. G. Jung », p. 207-224.
- « Au cours des mois passés, diverses actions, liées les unes aux autres et bien intentionnées, pourtant, avaient fait de l'échange obstiné et orgueilleux entre Freud et Jung quelque chose de tangible au point d'en être devenu incontournable. Chaque acte avait rendu le désaccord plus réel et lui avait donné plus de profondeur », in Linda Donn (1995), p. 185.
- Bernard Robinson, Psychologie clinique: De l'initiation à la recherche, Bruxelles, De Boeck Université, coll. « Ouvertures psychologiques », 2005, 2e éd. (ISBN 978-2-8041-5025-9), p. 279.
- Frieda Fordham (2003), p. 107.
- Elisabeth Roudinesco (1994), p. 226.
- (en) Freud's exhibition [archive], sur Library of Congress. Consulté le 28 décembre 2009.
- Club psychologique de Zurich [archive], sur cgjung.net. Consulté le 2 janvier 2010.
- Dalibor Frioux, Sigmund Freud : L'Avenir d'une illusion, vol. 23, Éditions Bréal, coll. « La Philothèque », 2005 (ISBN 978-2-7495-0559-6), p. Chapitre « Jung. Une psychanalyse ouverte à l'intuition religieuse », p. 56.
- (en) Geoffrey Cocks, Psychotherapy in the Third Reich : The Göring Institute, Transaction Publishers, 1997, p. 242.
- (en) Liste des conférenciers d'Eranos [archive], sur eranosfoundation.org. Consulté le 1er janvier 2010.
- Christian Delacampagne et Roland Jacquard (dir.), Histoire de la psychanalyse, Paris, Hachette, 1982 (ISBN 978-2-01-008414-0) (LCCN 83128431), p. Chapitre « La dissidence jungienne », p. 225-226.
- (en) David Tacey, « Jung and the New Age : A Study in Contrasts », The Round Table Press Review, Philadelphia, Pennsylvania, avril 1998, p. 1-11 [texte intégral [archive] [PDF]].
- Résumé de la conférence intitulée « La psychologie archétypale, selon l’œuvre de James Hillman » par le Dr. Mario Castello [archive], sur gerpa.fr.
- (it) James Hillman, Il sogno e il Mondo Infero, Adelphi Edizioni, 2003, p. 15.
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- (en) Critique of Archetypal Psychology [archive], sur home.swipnet.se. Consulté le 29 décembre 2009.
- David Lucas, « Carl Gustav Jung et la révolution copernicienne de la pédagogie », Le Portique, no 18, 2006, p. 2.
- Mircéa Eliade, Images et symboles, Paris, Gallimard, 1952, p. 11.
- Influence de Jung sur la pensée de Gaston Bachelard [archive], sur philonet.fr. Consulté le 12 novembre 2009.
- « (...) il [Gilbert Durand] s’engage activement aux côtés de courants de réflexions spirituelles comme scientifiques à contre-courant des modes intellectuelles d’une part en animant les sessions de l’université libre Saint-Jean de Jérusalem (fondée par Henry Corbin) et des Eranos Tagungen à Ascona (Suisse), marquées par l’empreinte de la pensée de C. G. Jung », in « Gilbert Durand », Encyclopédie philosophique universelle, III : les œuvres philosophiques, tome 2 (sous la dir. de Jean-François Mattéi), Paris, PUF, 1992.
- Élisabeth Roudinesco et Michel Plon, Dictionnaire de la psychanalyse, Fayard, 1997 (ISBN 978-2-213-60424-4) (LCCN 00431048), p. Entrée « Psychothérapie », p. 869.
- Pierre Debroux, Jacqueline Richelle, Lisa De Noose, Marc Malempré, Manuel du Test de Rorschach : Approche psychanalytique et psychodynamique, De Boeck Université, coll. « Série LMD », 2009 (ISBN 978-2-8041-5902-3), p. 14.
- (en) Sonu Shamdasani, Jung and the making of modern psychology: the dream of a science, Cambridge University Press, 2003, p. 59.
- Répondant au correspondant du New York Times à Genève, M. L. Hoffman, qui avait formé le projet d’un article sur Freud, Jung répondit point par point à ses questions relatives à son rapport à la psychanalyse du médecin viennois, le 24 juillet 1953, in Réponses à des questions sur Freud [archive], sur adequations.org. Consulté le 23 décembre 2009.
- Josiane Chambrier, « Sabina Spielrein (1912) : la destruction comme cause du devenir », Revue française de psychanalyse, Presses Universitaires de France, vol. 66, 2002, p. 1285-1294.
- Linda Donn (1995), p. 117-118.
- Schéma inspiré de : Pioton-Cimetti et E. Graciela, Aspects psychosociaux de C. Gustav Jung, Paris, 1995, illustration no 10, p. 255.
- « Jung ouvre la psychanalyse à une dimension cachée par le scientisme ambiant : la spiritualité. Son apport, quoique contestable sur certains points, reste unique. Explorant l'inconscient en scientifique et poète, il montre que celui-ci se structure non comme une langue mais sur le mode du mythe », in André Nataf, Jung, Paris, Édition MA, coll. « Le Monde de », 1985 (ISBN 978-2-86676-192-9), p. 209.
- Cité par Pierre Pallud, « L'idée de synchronicité dans l'œuvre de Jung », in Cahiers jungiens de psychanalyse, no 28, 1981, p. 2.
- Un résumé de leur recherche est disponible in : (de) « Naturwissenschaftliche und erkenntnistheoretische aspekte der ideen vom unbewussten », Dialectica, no 4, décembre 1954, p. 283-301.
- Véronique Liard, Carl Gustav Jung, Kulturphilosoph, Presses Paris Sorbonne, 2007 [lire en ligne [archive]], p. Lettre de Pauli à Jung, p. 148.
- Élysabeth Leblanc, La psychanalyse jungienne, Bernet-Danilot, coll. « Essentialis », 2002, p. 33-35.
- (en) Site internet de la Fondation Myers et Briggs [archive]. Consulté le 26 décembre 2009.
- Site internet de la section française de la socionique [archive]. Consulté le 26 décembre 2009.
- James Hillman, Pan et le cauchemar. Guérir notre folie, Paris, Imago, 2006 (ISBN 978-2-84952-033-8) (OCLC 144577285), p. 50.
- Extrait de Code de déontologie de la SFPA [archive], sur cgjungfrance.com. Consulté le 7 mars 2011.
- La pratique de la psychothérapie [archive], sur cgjungfrance.com. Consulté le °7 mars 2011.
- Manifeste de présentation, « La psychologie jungienne » de la Société française de psychologie analytique [archive], sur cgjungfrance.com. Consulté le 7 mars 2011.
- (en) Anthony Steven, On Jung, Londres, Taylor & Francis, 1990, 1re éd. (ISBN 978-0-415-04642-8) (LCCN 89039312) [lire en ligne [archive]], p. 207.
- Définition du « dialogue intérieur » [archive], sur psychologies.com. Consulté le 7 mars 2011.
- Introduction de Le Christ Aryen de Richard Noll [archive], sur biblisem.net. Consulté le 26 décembre 2009.
- Ernest Jones, La Vie et l'œuvre de Sigmund Freud, t. 3, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige Grands textes », 2006 (1re éd. 1961) (ISBN 978-2-13-055694-7), p. 212-214.
- Élisabeth Roudinesco, « Intervention d'Élisabeth Roudinesco sur R. Noll (résumé) », Libération, date inconnue [texte intégral [archive]].
- Dominique Bourdin, La Psychanalyse, de Freud à aujourd'hui, Rosny, Éditions Bréal, 2007 (ISBN 978-2-7495-0746-0), p. 68.
- Karl Abraham, « Critique de l'essai d'une présentation de la théorie psychanalytique de C. G. Jung », Psychanalyse et culture, Payot, coll. « Sciences de l'homme », 1966, p. 207-224.
- Yvon Brès, L'Inconscient, Paris, Ellipses, coll. « Philo », 2002 (ISBN 7298-0974-0), p. 123.
- Alain Amselek, Le Livre Rouge de la psychanalyse, Desclée de Brouwer, Paris, 2010, p. 85 à 119.
Ouvrages cités mais non utilisés
- (de) Gustav R. Heyer et Friedrich Seifert, Reich der Seele, Munich, Berlin, F. F. Lehman Verlag, 1937.
- Charles Mauron, « Jung et la psychocritique », Disque vert, Paris, Bruxelles, 1955, p. 190-204.
- Jennifer Waelti-Walters, « Icare, ou l'évasion impossible. Étude psycho-mythique de l'œuvre de J.M.G. Le Cleźio », Études, éditions Naaman, no 30, 1981 (ISBN 2890401979).
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- Northrop Frye, Anatomie de la critique, Gallimard, coll. « Bibliothèque Sciences Humaines », 1969 (ISBN 978-2-07-027009-5), p. Chapitres « Critique des archétypes » et « Théorie des mythes ».
- Georges Poulet, Les Métamorphoses du cercle, Paris, Flammarion, 1979.
- Dora M. Kaleff, Le Jeu de sable : méthode de psychothérapie, Paris, EPI, coll. « Hommes et groupes », 1973 (ISBN 978-2-220-03012-8).
- (de) Eugen Böhler, Der Mythus in der Wirtschaft in Industrielle Organisation, XXXI, 1962, pp. 129-136.
- (de) Erich Neumann, Tiepfenpsychologie und neue Ethik, Zurich, Rascher, 1948.
- François Richard (dir.), Le travail du psychanalyste en psychothérapie, Paris, Dunod, 2002 (ISBN 978-2-10-006574-5).
- Jean-Luc Maxence, Jung est l’avenir de la Franc-Maçonnerie, Paris, Dervy, 2004 (ISBN 978-2-84454-264-9) (LCCN 2004412467).
- (en) Andrew Samuels, Jung and the PostJungians, Londres, Routledge and Kegan Paul, 1985, 1re éd., poche (ISBN 978-0-7100-9958-7) (LCCN 84008353).
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Voir aussi
Articles connexes
- Psychanalyse
- Histoire de la psychanalyse
- Psychothérapie psychanalytique
- Psychanalyse des enfants
- Psychiatrie dynamique
- Psychothérapie
- Inconscient (psychologie analytique)
Liens externes
Sitographie
- « Materia Prima » : psychologie analytique de l'enfant et de l'adolescent
- « Mérelle » : forum d'échange, introduction à l'œuvre de Jung
- Toutes les associations autour de C.G.Jung en France
- (en) Archive for Research in Archetypal Symbolism, projet de cataloguage des symboles archétypiques
Principales revues de psychologie analytique
- Cahiers Jungiens de Psychanalyse, principale revue française
- Revue de Psychologie Analytique - psychanalyse jungienne, cliniques et théories, revue scientifique francophone internationale
- La Vouivre, revue suisse
- Action et Pensée, revue de l'institut international de psychanalyse et de psychothérapie Charles Baudouin.
- (en) Journal of Analytical Psychology publié par la Society of Analytical Psychology
- (en) Jung History publié par la fondation Philemon, association de conservation des manuscrits de Jung
- (en) Harvest, International Journal for Jungian Studies publié semestriellement par le C. G. Jung Club of London
- (en) International Journal of Jungian Studies, revue de l'IAJS
- (en) Psychological Perspectives publié depuis 1970 par le C. G. Jung Institute of Los Angeles
- (en) Spring : A Journal of Archetype and Culture, la plus ancienne revue de psychologie analytique, éditée à la Nouvelle Orléans.
- (en) Jung Journal, Culture and Psyche publié par le C. G. Jung Institute of San Francisco
- (de) Analytische Psychologie, Zeitschift für Psychotherapie und Psychoanalyse
- (de) Jungiana, revue de la Stiftung für Jung'sche Psychologie
- (en) Quadrant, revue trimestrielle de la C. G. Jung Foundation for Analytical Psychology de New York
Bibliographie complémentaire
- Frieda Fordham, Introduction à la psychologie de Jung, Paris, Imago, 2003 (ISBN 978-2-902702-29-9)

- Carole Sédillot, ABC de la psychologie jungienne, Paris, Grancher, coll. « ABC », 2003 (ISBN 978-2-7339-0795-5)
- Christian Gaillard, Le Musée imaginaire de Carl Gustav Jung, Paris, Stock, 2008 (ISBN 978-2-234-05024-2) (LCCN 99171247)
- Georges Bertin et Véronique Liard, Les Grandes Images, lecture de CG Jung, Québec, Presses universitaires de Laval, coll. « Lectures », 2005 (ISBN 978-2-7637-8267-6)
- Kaj Noschis, Carl Gustav Jung. Vie et psychologie, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2004, 2e éd. (ISBN 978-2-88074-582-0)
- Linda Donn, Freud et Jung. : De l'amitié à la rupture, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Histoire de la psychanalyse », 1995, 1re éd. (ISBN 978-2-13-045559-2)

- Ernest Jones, La Vie et l'œuvre de Sigmund Freud : Les années de maturité 1901-1919, t. II, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige Grands textes », 2006 (1re éd. 1961), 512 p. (ISBN 978-2-13-055693-0)

- Karl Abraham, Psychanalyse et culture, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 1969 [lire en ligne]

- Élisabeth Roudinesco, Histoire de la psychanalyse en France 1885-1939, t. I, Fayard, 1994, 484 p. (ISBN 978-2-213-59359-3) (LCCN 96125705)
