Par Radio-Canada | Radio Canada – 23 octobre 2011
Le séisme de magnitude 7,3 qui a secoué l'est de la Turquie aurait causé la mort d'au moins 85 personnes, annonce la télévision d'État TRT. Le chef de l'Institut sismologique de Kandilli, Mustafa Gedik, évalue lui « entre 500 et 1000 morts », le bilan probable du puissant tremblement de terre.
Selon les équipes de TRT, 59 personnes ont été tuées et 150 autres blessées dans la ville d'Ercis, dans l'est du pays. Vingt-cinq autres personnes ont péri à Van. Un enfant a trouvé la mort dans la province orientale de Bitlis.
« Le séisme a été très fortement ressenti à Van et dans ses environs, provoquant, selon les premières informations, des dégâts et des pertes en vies humaines », avait auparavant annoncé la direction des situations d'urgence, un organisme officiel, à Ankara, sans préciser le nombre de morts.
Le vice-Premier ministre turc, Besir Atalay, a pour sa part déclaré qu'une quarantaine de bâtiments, dont un pensionnat, s'étaient écroulés dans la province de Van, située dans l'extrême est de la Turquie et peuplée majoritairement de Kurdes.
L'épicentre du séisme, survenu à 10h41 (GMT), a été localisé par l'institut américain de géophysique USGS à 19 kilomètres au nord-est de la ville de Van, non loin de la frontière iranienne, à une profondeur de 7,2 km.
L'une des répliques, survenue un quart d'heure plus tard, à 10h56 (GMT), et dont l'épicentre a également été localisé à 19 kilomètres au nord-est l'agglomération, affichait une magnitude de 5,6, annonce l'USGS.
Des dizaines d'édifices à terre
Les dégâts les plus importants auraient été constatés à Ercis, une agglomération de 100 000 habitants. De nombreux habitants quittaient la ville, privée d'électricité, formant un convoi sur l'autoroute. Par crainte de répliques, les gens restaient à l'extérieur et s'apprêtaient à passer la nuit à la belle étoile.
La chaîne de télévision d'information NTV a mentionné que, dans cette seule ville, un millier de blessés étaient à déplorer.
Sur les images diffusées par NTV, on voyait plusieurs dizaines d'habitants s'affairant avec des pioches et des pelles dans les décombres d'un bâtiment de huit étages situé dans la ville de Van, sans attendre l'arrivée des secouristes. Plusieurs corps se trouveraient toujours bloqués sous les gravats.
La tombée de la nuit a entravé les opérations de secours qui se poursuivaient à la lumière des générateurs alors que la température ne devrait pas dépasser les trois degrés Celsius dans la zone du séisme.
Le Croissant Rouge s'est mobilisé et a commencé à envoyer des tentes et du personnel dans la zone sinistrée. « C'est un puissant séisme qui peut faire des ravages », a souligné le président de l'organisation caritative, Lutfi Akan. L'armée devait aussi dépêcher des secouristes.
Un séisme d'une telle magnitude est susceptible de provoquer des dégâts substantiels en Turquie, où de nombreux logements ont été construits sans que les normes antisismiques soient entièrement respectées.
Généralement, les dégâts les plus importants sont concentrés dans les villages reculés, où les maisons sont construites en pisé, un mélange de terres argileuses.
Traversée par plusieurs failles, notamment dans l'est et le nord-ouest, la Turquie connaît de fréquents tremblements de terre.
Deux forts séismes dans les régions très peuplées et industrialisées du nord-ouest y ont fait environ 20 000 morts, en août et novembre 1999.
Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters