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La statue de la liberté


Monument national de
la statue de la Liberté
Estatua de La Libertad.jpg
Présentation
ArchitecteFrédéric Auguste Bartholdi
Date de construction1886
PropriétaireNational Park Service
Protection Patrimoine mondial (1984)
Monument national (1924)
National Register of Historic Places(1966)
New York City Landmark (1976)
Géographie
PaysDrapeau des États-Unis États-Unis
ÉtatDrapeau de l'État de New York New York
Coordonnées40° 41′ 21″ Nord
       74° 02′ 40″ Ouest
 
  

La Liberté éclairant le monde (Liberty Enlightening the World), plus connue sous le nom de statue de la Liberté (Statue of Liberty), est l'un des monuments les plus célèbres des États-Unis. Elle est située à New York, sur l'île de Liberty Island au sud de Manhattan, à l'embouchure de l'Hudson et à proximité d'Ellis Island. Elle fut offerte par la France, en signe d'amitié entre les deux nations, pour célébrer le centenaire de ladéclaration d'indépendance américaine. La statue fut inaugurée le 28 octobre 1886 en présence du président des États-UnisGrover Cleveland. L'idée vient du juriste et professeur au Collège de France, Édouard de Laboulaye, en 1865. Le projet est confié, en 1871, au sculpteur françaisFrédéric Auguste Bartholdi. Pour le choix des cuivres devant être employés à la construction, l'architecte Eugène Viollet-le-Duc eut l'idée de la technique du repoussé. En 1879, à la mort de Viollet-le-Duc, Bartholdi fit appel à l'ingénieur Gustave Eiffel pour décider de la structure interne de la statue. Ce dernier imagine un pylône métallique qui supporte les plaques de cuivre martelées et fixées. La statue fait partie des National Historic Landmarks depuis le 15 octobre 1924 et de la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 19841.
La statue de la Liberté, en plus d'être un monument très important de la ville de New York, est devenue l'un des symboles des États-Unis et représente de manière plus générale la liberté et l'émancipation vis-à-vis de l'oppression. De son inauguration en 1886 au Jet Age2, la statue a ainsi été la première vision des États-Unis pour des milliers d'immigrants, après une longue traversée de l'océan Atlantique. Au plan de l'architecture, la statue rappelle le Colosse de Rhodes qui était l'une des sept merveilles du monde antique. Elle constitue enfin l'élément principal du Statue of Liberty National Monument qui est géré par le National Park Service.

Un cadeau pour les États-Unis


L'idée d'un présent en gage de l'amitié franco-américaine et pour le centenaire de l'indépendance du pays est due au politicien et historien Édouard de Laboulaye,auteur de Paris en Amérique et des Contes Bleus. Bartholdi aurait confié à ce dernier :
« Je lutterai pour la liberté, j'en appellerai aux peuples libres. Je tâcherai de glorifier la république là-bas, en attendant que je la retrouve un jour chez nous3. »
À cette époque, les États-Unis sortaient de la guerre de Sécession qui avait duré de 1861 à 1865, et le pays était en pleine période de reconstruction et à l'aube duGilded Age, c'est-à-dire de la « période dorée ». Le sculpteur alsacien Frédéric Auguste Bartholdi fut ainsi engagé pour imaginer une statue qui devait être achevée en 1876, date du centenaire de la déclaration d'Indépendance.
En 1870, Bartholdi sculpta une première ébauche en terre cuite et en modèle réduit4 aujourd'hui exposée au musée des Beaux-Arts de Lyon. La même année, la France entrait en guerre contre la Prusse et devait capituler. Le 10 mai 1871, elle cédait l'Alsace-Moselle à l'Empire allemand. L'opinion publique et le gouvernement français furent déçus de la sympathie des États-Unis pour les Allemands, dont le nombre était important sur le sol américain. Le projet commémoratif fut temporairement écarté en raison des troubles politiques que connaissait la Troisième République. En effet, la plupart des Français pensaient alors que cetterépublique n'était qu'une solution temporaire qui laisserait place à la monarchie, ou à un régime semblable à celui de Napoléon IerL'idée d'offrir une représentation de la liberté à une république sœur située de l'autre côté de l'Atlantique joua alors un rôle important dans la lutte pour le maintien de la république.
En juin 1871, Bartholdi partit pour les États-Unis où il repéra le site de Bedloe's Island, future Liberty Island, et tenta de gagner des partisans. Il rencontra leprésident américain Ulysses S. Grant le 18 juillet 1871 à New York5.

Les modèles de la statue



Quel visage choisir ?

Des sources diverses mettent en avant différents modèles qui auraient servi à déterminer le visage de la statue. Cependant, les historiens en sont réduits à des hypothèses et aucune proposition n'est véritablement fiable et authentique6. Parmi les modèles proposés, on trouve Isabella Eugenie Boyer, veuve du milliardaire du monde de la couture, Isaac Singer7.
Selon certaines sources, Bartholdi se serait inspiré du visage de sa mère, Charlotte Bartholdi (1801-1891), dont il était très proche, pour donner à la statue son visage sévère8. Le National Geographic Magazine appuie cette hypothèse, en précisant que le sculpteur n'a jamais expliqué ni démenti cette ressemblance avec sa mère9. C'est également la thèse soutenue au Musée Bartholdi de Colmar où l'on peut admirer de nombreuses ébauches de la statue. D'autres modèles ont été avancés sans faire l'unanimité : Bartholdi aurait voulu reproduire le visage d'une jeune fille juchée sur une barricade et tenant une torche, au lendemain du coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte10. Il a peut-être réalisé une synthèse de plusieurs visages féminins, afin de donner une image neutre et impersonnelle de la Liberté.

D'où provient cette inspiration ?

Lors d'une visite en ÉgypteAuguste Bartholdi fut inspiré par le projet du canal de Suez dont la construction allait être entamée sous la direction de l'entrepreneur et diplomate français Ferdinand de Lesseps, qui devint par la suite l'un de ses plus grands amis. Il imagina ainsi un immense phare qui serait situé à l'entrée du canal et dont il dessina les plans. Le phare serait à l'image de la déesse Libertas du panthéon romain, divinité de la liberté, mais sa représentation devait être modifiée afin de ressembler à une paysanne égyptienne en robe (une fallaha). La lumière du phare devait resplendir à travers un bandeau placé autour de la tête du phare, ainsi qu'au sommet d'une torche maintenue en l'air, en direction des cieux. Bartholdi présenta ses plans au Khédive Isma'il Pasha en 1867 puis de nouveau en1869, mais le projet ne fut jamais retenu11. Les dessins de ce projet intitulé L'Égypte apportant la lumière à l'Asie ressemblent fortement à la statue de la Liberté, même si Bartholdi a toujours affirmé que le monument new-yorkais n'était pas un réemploi, mais bien une œuvre originale4.Lire la suite