La bataille d'Amiens a eu lieu du 8 au 12 août 1918, sur le front occidental, en France.
Il s'agit de la première des batailles qui vont se succéder rapidement (avec des victoires alliées décisives dans la victoire finale) dans ce qui sera plus tard nommé « l'Offensive des Cent-Jours ».
Le 21 mars 1918, l'Empire allemand avait lancé l'opération Michael, la première d'une série d'attaques par lesquelles il se proposait de repousser les Alliés sur toute la longueur de la ligne de front occidentale. Le traité de Brest-Litovsk, signé avec la jeune Union soviétique, avait donné aux Allemands un avantage important puisqu'ils étaient en mesure de transférer des centaines de milliers d'hommes vers le front occidental. Les offensives prévues devaient concrétiser cet avantage et le transformer en victoire. Par l'Opération Michael il fallait enfoncer l'aile droite de la Force expéditionnaire britannique, mais le manque de succès devant Arras aboutit à l'échec final de l'offensive. Un dernier effort fut tenté contre la ville d'Amiens, nœud ferroviaire vital, mais l'avance fut arrêtée à Villers-Bretonneux le 4 avril par les Australiens qu'appuyaient d'autres unités amenées tant bien que mal1. Suivirent d'autres offensives allemandes -- Opération Georgette (9 avril-11 avril), Opération Blücher-Yorck (27 mai), Opération Gneisenau (9 juin) et enfin l'Opération Marne-Reims (15 juillet-17 juillet) - toutes ces avances réalisées ailleurs sur le front occidental n'aboutirent pas cependant à la percée décisive 2,3.
À l'issue de l'Offensive Marne-Reims, les Allemands avaient perdu leur supériorité en effectifs et leurs troupes étaient épuisées. Foch, qui commandait en chef les troupes alliées, ordonna une contre-offensive qui aboutit à la deuxième bataille de la Marne. Les Allemands, se rendant compte que leur position était intenable, se retirèrent de la Marne vers le nord. Foch décida alors de faire passer les Alliés à l'offensive4.
Le corps expéditionnaire britannique du maréchal sir Douglas Haig dirige l'offensive qui deviendra la bataille d'Amiens. L'attaque est destinée à libérer une large partie de la ligne de chemin de fer entre Paris et Amiens, occupée par les Allemands depuis l'opération Michael, menée au mois de mars.
L'offensive est dirigée par la IVe armée britannique du général sir Henry Rawlinson qui doit avancer méthodiquement sur un front de 25 km. L'attaque est précédée par un bref barrage et plus de 400 tanks ouvrent l'avancée des 11 divisions britanniques engagées dans la première phase de l'assaut. L'aile gauche de la Ire armée française du général Eugène Debeney soutient l'offensive britannique.
Les défenses allemandes sont protégées par la IIe armée du général Georg von der Marwitz et la XVIIIe armée du général Oskar von Hutier. Les deux généraux disposent de 14 divisions en ligne de front et de 9 divisions de réserve. L'attaque franco-britannique est un énorme succès et les Allemands sont contraints de battre en retraite de 15 km.
Le comportement de l'armée allemande est inquiétant, certaines unités en première ligne ont simplement fui les combats sans opposer beaucoup de résistance, d'autres, quelque 15 000 soldats, se sont rapidement rendus. Le 8 août 1918, la bataille d'Amiens, menée par les troupes australiennes de John Monash, voit la première victoire importante de la guerre pour l'armée britannique. Quand la nouvelle parvient au général Ludendorff, chef d'état major général adjoint, il qualifie le 8 août de « jour noir de l'armée allemande ». La situation ne s'arrange pas. Le lendemain, de nombreux autres soldats allemands sont faits prisonniers.
Le 10 août, la bataille d'Amiens évolue vers le sud du saillant tenu par les Allemands. La IIIe armée française se dirige sur Montdidier, elle force les Allemands à abandonner la ville et permet la réouverture de la ligne ferrée Amiens-Paris.
La première phase de l'offensive arrive à son terme face à la résistance accrue des Allemands le 12 août. Cependant, leur défaite est nette. Les pertes allemandes s'élèvent à 40 000 hommes tués, blessés et 33 000 faits prisonniers. Les pertes françaises et britanniques totalisent 46 000 soldats. Lire la suite