Source:
Pourlascience.fr
Sur les traces du diamant bleu
Les caractéristiques optiques et cristallographiques du plus gros diamant bleu connu – disparu au xviiie siècle – ont été reconstituées grâce à une réplique d'époque... en plomb. On en déduit jusqu'à la forme qu'il avait dans le manteau terrestre.
François Farges
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| Simulation du diamant bleu tel que le Roi-Soleil le portait : serti avec des feuilles d’or sur la face arrière et enchâssé dans une coquille d’or. Cette technique typique de cette époque rehausse l’éclat de la pierre. Le diamant était taillé de façon telle que seules les huit facettes centrales (situées à l’arrière du diamant) laissaient passer la couleur dorée, formant un soleil d’or au milieu d’un univers étoilé. |
Paris, le 6 décembre 1668. Jean-Baptiste Tavernier, voyageur et commerçant français, rentre de son sixième voyage en Orient. Parmi les nombreux diamants qu’il rapporte de Perse et des Indes figure un diamant bleu de 115,28 carats provenant des alentours de Golconde, une ville du Sud-Est de l’Inde bâtie sur une colline granitique. Acquis par Louis XIV, le diamant bleu, retaillé, vient compléter sa parure de diamants, puis est choisi par Louis XV pour orner son emblème, la Toison d’or. Mais en 1792, le diamant disparaît, dérobé avec la Toison d’or et d’autres bijoux de la couronne. Tous les grands diamants sont vite retrouvés, sauf un : le diamant bleu de Louis xiv.
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Vingt ans et deux jours après le vol, en 1812, un diamant bleu plus petit, le Hope, apparaît à Londres, soit exactement à la fin de la durée de prescription du délit. Sombre et peu brillant, ce diamant paraît avoir été taillé à la hâte ou sans grande maîtrise. Coïncidence ? Dès 1858, nombre d’auteurs ont évoqué un lien entre les deux diamants, mais aucun n’a pu en apporter la preuve formelle.
La découverte en 2007, dans les collections du Muséum national d’histoire naturelle, à Paris, d’un modèle en plomb du « diamant bleu de la couronne », change la donne. À partir de cette réplique en plomb et à l’aide de simulations informatiques, nous avons, d’une part, prouvé la filiation entre les deux diamants et, d’autre part, reconstitué l’aspect du diamant avant sa disparition : le joyau de Louis XIV était-il réellement plus brillant que le Hope ? Le joaillier du Roi-Soleil avait-il tenu compte des derniers travaux scientifiques en optique lorsqu’il avait taillé le diamant de Tavernier ? Et quel était l’aspect du diamant rapporté par Tavernier ? Cette remontée dans le temps nous a conduits bien plus loin que nous ne l’imaginions, jusqu’à la cristallisation...
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