La bûche de Noël, les arbres décorés, les cadeaux que l’on s’offre – voilà autant de signes d’un joyeux Noël, n’est-ce pas? Oui et non, selon Richard James, grand-prêtre de l’Église wiccane du Canada, le plus ancien et le plus important regroupement néopaïen au pays.
Plusieurs des traditions que l’on croit propres aux célébrations de Noël ont, en réalité, une origine païenne, cela parce qu’«au début, Noël devait bien commencer quelque part», estime M. James. «Avant le christianisme, il y a toujours eu des fêtes liées aux saisons. Il est difficile d’inventer quelque chose qui va ensuite s’imposer comme une tradition… il est beaucoup plus facile d’adopter une tradition qui existe déjà.»
La portion la plus aisément reconnaissable des célébrations datant d’avant le christianisme est la date. Si les chercheurs débattent du moment de l’année où serait né le Christ, le solstice d’hiver, date à laquelle la lumière du jour est de la plus courte durée de toute l’année (vers le 21 ou le 22 décembre) était déjà largement célébré en Europe et en Méditerranée, et on le soulignait par des festins et des activités qui visaient à ramener la lumière sur Terre. Et ajouter l’arrivée du fils de Dieu à celle du soleil qui reprenait tranquillement ses droits à partir de cette date était probablement le moyen le plus facile d’obtenir la collaboration des gens.
Ashleen O’Gaeo, dans son livre intitulé Celebrating the Seasons of Life: Samhain to Ostara (Célébrer les saisons de la vie, de Samhain à Ostara) souligne que le retour de la lumière a été un thème commun pour les célébrations des fêtes d’hiver, et ce, durant des millénaires. Les miroirs, les lampes et les surfaces polies étaient utilisés pour réfléchir la lumière dans l’espoir de la voir croître, ajoute-t-elle. De là, il n’y a qu’un pas vers les décorations et les guirlandes de lumières électriques qu’on voit partout à ce temps-ci de l’année.
Les origines de l’arbre de Noël
Certaines traditions, comme l’arbre de Noël, datent de plusieurs milliers d’années avant l’apparition du christianisme et on le retrouve dans tellement de cultures, qu’il est impossible de savoir qui, la première, a décoré un arbre au solstice d’hiver.«L’une des origines de l’arbre de Noël est germanique. La tradition consistait alors à apporter un arbre dans la maison et à le parer de fruits. On voulait, ce faisant, demander aux dieux de faire revenir les fruits dans les arbres», explique M. James.
Il explique aussi que des arbres étaient aussi décorés dans le sud de l’Europe. Pour l’arbre d’Adonis, dieu grec du désir, «Les gens nouaient des rubans autour des branches ou de petites notes sur lesquelles figuraient des prières», raconte Richard James. Ces notes pouvaient porter le nom de la personne que l’on souhaitait séduire. Et si l’arbre poussait, on disait que l’attirance pour l’être convoité irait, elle aussi, en grandissant.
Le gui
Quant au gui, il n’a pas été dès le départ une plante sous laquelle on s’embrassait. Les anciens pensaient qu’il avait des pouvoirs magiques, puisqu’il ne pousse pas à partir du sol (c’est plutôt un parasite qui pousse sur les arbres), qu’il ne meurt jamais et qu’il est toxique. Ce sont les druides qui ont popularisé la tradition de s’embrasser sous le gui comme symbole de fertilité, de longévité et d’amour éternel pour les couples.La bûche de Noël
Et pour ce qui est de la bûche de Noël, qui se retrouve sur bien des tables au réveillon, elle constitue une part importante des célébrations de nombreux rites païens, puisque le solstice d’hiver est la fête du feu.Pour célébrer le solstice, on coupait un gros arbre que l’on faisait brûler dans l’âtre pendant 12 jours. Concrètement, le feu gardait les familles au chaud, mais c’était aussi une autre façon d’obtenir de la lumière et de la chaleur en cette période où il faisait froid et où la nuit était longue.
Les bûches de Noël d’aujourd’hui pourraient être faites à l’aide de l’arbre de Noël de l’an dernier, selon Richard James. La nouvelle tradition écologique qu’il aimerait voir naître consisterait à utiliser l’arbre de l’an dernier, à en couper les branches puis à en faire une couronne pour accueillir le printemps avec des «roues vertes» (une coutume très ancienne elle aussi), et à en conserver le tronc pour qu’il devienne la bûche à Noël prochain. Voilà ce qu’on appelle du recyclage!
Bien des traditions, inspirées du passé, ont encore cours dans les familles au temps des Fêtes.
- La lumière a été un thème commun pour les célébrations des fêtes d’hiver, et ce, durant des millénaires.
L’une des origines de l’arbre de Noël est germanique. La tradition consistait alors à apporter un arbre dans la maison et à le parer de fruits.
Les anciens pensaient que le gui avait des pouvoirs magiques, puisqu’il ne pousse pas à partir du sol, qu’il ne meurt jamais et qu’il est
